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18/06/2010

UN HISTORIEN PARLE DU FEMINISME

Un historien prend l'exemple du féminisme

HISTORIEN.jpg

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Georges_Tin

SON BLOG PERSONNEL

Il s'agit de Louis-Georges Tin, invité de l'excellente émission quotidienne d'Emmanuel Laurentin sur France-Culture, «La Fabrique de l'Histoire» ; chaque vendredi, un-e historien-ne répond à la question «À quoi ça sert, l'histoire ?»

Voici le texte de Louis-Georges Tin :
<<
A quoi ça sert l'histoire ? A faire apparaître des processus, là où ne voyons que des résultats.
Or, cette démarche singulière n'est pas sans conséquence. Pour illustrer cette idée, un exemple suffira. Il concerne l'histoire des femmes.

J'ai souvent rencontré des jeunes filles qui me disaient :
- Moi au moins, je ne suis pas féministe. Je suis même antifémiste.

Cette attitude me semblait assez étonnante. Je leur demandais alors :
-Mais êtes-vous contre le droit de vote pour les femmes, êtes-vous contre l'égalité salariale entre hommes et femmes, ou contre le droit à la contraception ?
Bien entendu, elles répondaient par la négative. Evidemment, elles étaient pour le droit de vote pour les femmes, elles étaient pour l'égalité salariale et pour le droit à la contraception.

-Mais d'après vous, leur demandais-je, à qui devons-nous tous ces progrès sociaux ? Ne serait-ce pas, par hasard, aux mouvements féministes ?...

Pourquoi ces jeunes filles vont-elles jusqu'à se dire antiféministes ? Parce que, au-delà du stigmate social qui pèse sur le féminisme en général, on leur a appris, dans le meilleur des cas, l'histoire des résultats. On leur a appris par exemple que, dans sa grande bonté, le général de Gaulle a «accordé» le droit de vote aux femmes à la fin de la seconde guerre mondiale. Or, si on leur avait appris l'histoire des processus, elles auraient entendu une tout autre version. Elles auraient appris que, après plusieurs décennies de combats acharnés, les mouvements féministes avaient finalement obtenu le droit de vote pour les femmes à la fin de la guerre.

Evidemment, si l'histoire des processus était mieux partagée, toutes ces jeunes filles, auraient eu une autre vision du féminisme. Mais faute d'attribuer aux mouvements féministes le crédit qui leur revient, elles étaient plus accessibles au discrédit qui pèse sur le féminisme en général, qui leur apparaît tout au plus comme un mouvement d'emmerdeuses sans humour, un mouvement tout à fait inutile dans le meilleur des cas. Mais ce n'est ici qu'un exemple, et on pourrait en dire tout autant pour ce qui est de l'histoire des mouvements homosexuels, des mouvements noirs, des mouvements syndicaux, etc.

En ce sens, on le voit bien, la véritable Histoire consiste à faire apparaître «l'Ordre des processus» derrière «l'Ordre des résultats». Et cette connaissance constitue bien souvent un enjeu politique. Mais il y a ceux qui ignorent ces processus, et ceux qui ont intérêt à ce qu'on ignore ces processus... >>

Louis-Georges Tin, maître de conférences à l'Université d'Orléans et à l'EHESS, a publié entre autres le Dictionnaire de l'homophobie (PUF 2003), et l'Invention de la culture hétérosexuelle (Autrement, 2008).

Vous pouvez écouter son intervention ici :

http://www.franceculture.com/player?p=reecoute-2144141

EXTRAIT D'INTERVIEW SUR LE BLOG DE MARTINE VALLA

La cause des femmes
Travailler sur l’homophobie, c'est comprendre rapidement le lien qui existe avec le sexisme. "Ce n’est pas un hasard si les personnes les plus sexistes sont les plus homophobes. L’idée qu‘une femme est inférieure à un homme et donc qu’un homme efféminé est inférieur à un homme…" Le constat l'amène à travailler sur la question du sexisme à partir de l’homophobie. Dans ce sens, il rejoint le combat féministe sur Olympe de Gouge pour son entrée au Panthéon, auquel il ajoute la mulâtresse Solitude. Une pétition circule, soutenue par de nombreuses personnalités intellectuelles et politiques. "Nous militons pour les deux mais savons que si nous souhaitons parvenir à un résultat, il faut se concentrer sur l’une, et ce sera Olympe."
Tout est lié. Ce qui fédère les engagements de Louis-Georges Tin c'est de lutter contre toutes les formes de dominations sociales arbitraires, tous les préjugés, toutes les discriminations.

22/05/2010

COMPRENDRE L'ORIGINE DU VOILE DANS L'ISLAM

MAHMOUD AZAB.jpg

INTERVIEW D'ARTHUR NOUREL
AVEC UN SPECIALISTE DE L’ISLAM
le PROFESSEUR MAHMOUD AZAB


En France et ailleurs, certaines pratiques des musulmans semblent contestables ou dérangent. Ces pratiques sont elles l’Islam "véritable"? De partout fusent des réponses approximatives ou tout à fait erronées. Les prises de position se multiplient ; souvent l’ignorance habite les esprits.

Il nous a semblé important d’interroger un spécialiste de l’Islam, le Professeur Mahmoud Azab, [1] pour qu’il nous éclaire sur l’Islam en nous donnant des indications historiques et académiques sur le texte fondateur de la religion. Il nous explique la doctrine religieuse et son évolution qui sont, bien différentes des pratiques populaires de l’Islam. Nous avons inauguré avec lui une série d’entretiens sur les sujets qui questionnent les sociétés occidentales et les communautés musulmanes, notamment en France. Le premier entretien portait sur la lapidation. Aujourd’hui, nous explorons la question du «voile» des femmes.



Arthur Nourel : Monsieur le Professeur, avant d’aborder directement la question du voile des femmes dans l’Islam, y a- t'il un contexte global de la situation de la femme que vous souhaiteriez exposer afin que nos lecteurs puissent nous accompagner dans le voyage historique et textuel que nous leur proposons ?

Professeur Mahmoud Azab : Pour traiter le sujet du voile dans l’Islam, il faut d’abord connaître le statut de la femme arabe dans la société ante islamique et le comparer au statut de la femme dans la société judéo chrétienne biblique ainsi qu’à celui de la femme dans les cultures grecque et égyptienne. C’est en examinant l’histoire et le contexte sociologique que l’on peut expliquer et comprendre la position du Coran et de l’Islam, à l’époque, en ce qui concerne la femme.

LIRE LA SUITE

 

Propos recueillis par Arthur Nourel
Arthur Nourel est journaliste et politologue. Il est spécialiste du monde arabe. Il est également photographe.


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[1] Après des études à l’université d’Al Azhar au Caire, Mahmoud Azab obtient en France un Doctorat en études sémitiques (Sorbonne 1978). Il a été professeur de langues sémitiques à l’université d’Al Azhar au Caire. Il a été professeur coopérant chargé de l’enseignement bilingue au sein de nombreuses universités africaines (Niger, Tchad.). Il a également été délégué de l’Université d’Al Azhar aux conférences internationales de dialogues interculturels. Il a été nommé en 1996 à Paris comme professeur associé d’arabe classique (langue et littérature) à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (langues « O ») où il est professeur titulaire d’islamologie depuis 2002.

26/03/2010

QUI GOUVERNE VRAIMENT ?

Nous ne sommes pas complices d'un système, mais mis en état de servitude par un système financier contrôlé par une très petite oligarchie internationale, principaux actionnaires des grandes banques dont également et principalement la FED (banque centrale américaine), ainsi que la BCE (banque centrale européenne), l'une et l'autre étant des Grandes Banques privées, totalement indépendantes des Gouvernements et des Institutions politiques.
Un petit monde qui peut faire la pluie et le beau temps, construire très facilement une ville dans un désert, comme assoiffer une nation.

 



Vous croyiez que la Banque de France est une institution "publique" ? comme son nom "semble" l'indiquer ! et que s'y logeait le Trésor Public, le bas-de-laine de l'État quand il n'est pas en période de vaches maigres ? ...
Croyances populaires que tout ça !!!!!!!!! Banque de France ne veut pas dire Banque de "la" France.
Que nenni !


Annie Lacroix-Riz, historienne
Extraits de sa conférence (voir la vidéo ci-haut)

"Pour la quasi-totalité de la population, et je dois dire l’historien inclus évidemment avant qu’il ne découvre les dossiers, un gouvernement … ça se prépare dans des conditions diverses, mais enfin un gouvernement ça n’existe que en régime parlementaire, parce qu’un parlement lui donne son acceptation, l’agrée, procède à son installation.

Eh bien ça ne se passe pas du tout comme ça !

Depuis Bonaparte, qui a fait à la France des institutions qui consacraient bien la victoire de la bourgeoisie, depuis Bonaparte et la création de la Banque de France, c’est donc une assez vieille affaire, euh, la Banque de France a reçu le moyen de gouverner les gouvernements de façon très simple. Chaque gouvernement dépend des avances de la Banque de France qui est un club de banques privées ... de la Grande Banque, de ce que l’on appelle la Grande Banque, et donc, lorsqu'un gouvernement est pressenti, dans des conditions qu’éclairent aussi les archives, eh bien avant de se présenter devant le Parlement, il se présente devant ce que l’on appelle le gouvernement de la Banque de France, c'est-à-dire le petit noyau des plus grands banquiers qui régentent la banque de France parmi lesquels on comptait dans la période qui nous occupe, xxxx qui était un des maîtres des industries sidérurgiques de la France, […]

Et donc, tout premier ministre pressenti, accompagné de son ministre des finances, … et donc le gouvernement qui dépendait des bontés de la Banque de France qui lui accordait ou ne lui n’accordait pas ses avances, le gouvernement venait promettre au gouvernement de la Banque de France, au futur gouvernement, de faire un bon usage bien économe des deniers, puisqu’un État c’est bien connu, c’est toujours impécunieux, et que cela a toujours tendance à laisser filer les salaires et autres , et il promettait donc d’appliquer l’assainissement financier qui était la clef de l’octroi des dites avances. J’insiste sur le fait qu’ils promettaient, et que, Herriot en 1924 et Léon Blum en 1936 ont promis …
[…]
J’insiste beaucoup sur le fait que, … je sais bien que cela choquera beaucoup, mais au vu des archives que je produis ce sera difficile de contester, j’insiste beaucoup sur le fait que le gouvernement de la France ne gouvernait rien, mais que la Banque de France gouvernait le gouvernement, et que, en France, il ne date nullement d’aujourd’hui que les banquiers et les industriels gouvernent le gouvernement. C'est-à-dire que le terme fort à la mode depuis un certain nombre d’années, selon lequel parce qu’autrefois les gouvernants gouvernaient, alors qu’aujourd’hui ce sont les banquiers internationaux qui gouvernent est un thème qui correspond à une réalité complètement pas neuve."