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02-APPORT DU MONDE - Page 36

  • 3 CHANSONS INSURGEANTES DE PIERRE PERRET

    QUAND LA FEMME EST GRILLAGEE
    TOUTES LES FEMMES SONT OUTRAGEES

    Écoutez ma chanson bien douce,

    Que Verlaine aurait su mieux faire,
    Elle se veut discrète et légère,
    un frisson d’eau sur de la mousse.
    C’est la complainte de l’épouse, de la femme derrière son grillage,
    Ils la font vivre au Moyen-âge.
    Que la honte les éclabousse.


    Quand la femme est grillagée,
    toutes les femmes sont outragées,
    les hommes les ont rejetées dans l’obscurité…

    Elle ne prend jamais la parole.
    En public ce n’est pas son rôle.

    Elle est craintive, elle est soumise, pas question de lui faire la bise
    On lui a appris à se soumettre.
    A ne pas contrarier son maître.
    Elle n’a droit qu’à quelques murmures, les yeux baissés sur sa couture.

    Quand la femme est grillagée,
    toutes les femmes sont outragées,
    les hommes les ont rejetées dans l’obscurité…

    Elle respecte la loi divine, qui dit par la bouche de l’homme,
    que sa place est à la cuisine, et qu’elle est sa bête de somme.
    Pas question de faire la savante.
    Il vaut mieux qu’elle soit ignorante.

    Son époux dit que les études sont contraires à ses servitudes.

    Quand la femme est grillagée,
    toutes les femmes sont outragées,
    les hommes les ont rejetées dans l’obscurité…

    Jusqu’aux pieds sa burqa austère, est garante de sa décence
    elle prévient la concupiscence, des hommes auxquels elle pourrait plaire.
    Un regard jugé impudique serait mortel pour la captive.
    Elle pourrait finir brûlée vive, lapidée en place publique.

    Quand la femme est grillagée,
    toutes les femmes sont outragées,
    les hommes les ont rejetées dans l’obscurité…

    Jeunes femmes larguez les amarres, refusez ces coutumes barbares.
    Dites non au manichéisme, au retour à l’obscurantisme.
    Jetez ce moucharabieh triste, né de coutumes esclavagistes,
    et au lieu de porter ce voile, allez vous-en, mettez les voiles.

    Quand la femme est grillagée,
    toutes les femmes sont outragées,
    les hommes les ont rejetées dans l’obscurité…

     

    AU NOM DE DIEU
    Depuis la nuit des temps

    On s'étripe gaiement
    Au nom de Dieu.
    On continue pourtant
    En faisant toujours mieux.
    Il est jamais content.
    On lui a fait des églises
    Pour calmer son courroux
    Couroucoucou,
    Des temples et des Mecque
    Ou des femmes et des mecs
    L'honorent à genoux.

    Parmi tous ces mordus
    Ces millions de fanas
    Toutes ces brebis
    Y a ceux qui adorent Jésus
    Ceux qui préfèrent Allah
    D'autres leur canari.
    Si t'es athée, sais-tu
    Pour ces gars, t'es foutu.
    Turlututu.
    Ils disent que tu te goures
    Et que Dieu est amour
    Et après, ils te tuent.

    On brûla les sorciers
    Les homos, sans-papiers
    Les francs-maçons
    Et, même, on fit becqueter
    A de pauvres lions
    Blandine et les Garçons.
    Le Bon roi Saint-Louis
    Massacra les harkis
    Jusqu'à Tunis
    Puis revint sous le gui
    Mettre l'étoile aux Juifs
    Et rendre l'injustice.

    Charles-Neuf, le catho
    Offrit aux parpaillots
    Au nom de Dieu
    La Saint-Barthélemy.
    Les Irlandais, depuis
    N'ont pas fait beaucoup mieux.
    Monsieur Christophe Colomb
    Qui, l'vendredi, n'aimait
    Que le poisson
    Grilla au chalumeau
    Tous les Géronimo
    Qui mangeait du bison.

    "Pas de préservatif."
    Dit le souv'rain Pontife
    Au nom de Dieu
    Et cette manière sage
    De réduire le chômage
    En fit un homme heureux.
    Pis y a ces fous de Dieu
    Qui, au nom d'la vertu
    Chapeau pointu
    Egorgent bravement
    Des femmes et des enfants
    En lisant le Coran.

    Depuis la nuit des temps
    On s'étripe gaiement
    Au nom de Dieu.
    On continue pourtant
    En faisant toujours mieux.
    Il est jamais content.
    Si ce Dieu juste et bon
    N'envoie ses oraisons
    Qu'à des tueurs
    Doit-on penser qu'alors
    L'oraison du plus fort
    Est toujours la meilleure ?
    Doit-on penser qu'alors
    L'oraison du plus fort
    Est toujours la meilleure ?

    LA BETE EST REVENUE
    Sait-on pourquoi, un matin,

    Cette bête s'est réveillée
    Au milieu de pantins
    Qu'elle a tous émerveillés
    En proclamant partout, haut et fort :
    "Nous mettrons l'étranger dehors"
    Puis cette ogresse aguicheuse
    Fit des clones imitatifs.
    Leurs tirades insidieuses
    Convainquirent les naïfs
    Qu'en suivant leurs dictats xénophobes,
    On chasserait tous les microbes.

    Attention mon ami, je l'ai vue.
    Méfie-toi : la bête est revenue !
    C'est une hydre au discours enjôleur
    Qui forge une nouvelle race d'oppresseurs.
    Y a nos libertés sous sa botte.
    Ami, ne lui ouvre pas ta porte.

    D'où cette bête a surgi,
    Le ventre est encore fécond.
    Bertold Brecht nous l'a dit.
    Il connaissait la chanson.
    Celle-là même qu'Hitler a tant aimée,
    C'est la valse des croix gammées
    Car, pour gagner quelques voix
    Des nostalgiques de Pétain,
    C'est les juifs, encore une fois,
    Que ces dangereux aryens
    Brandiront comme un épouvantail
    Dans tous leurs sinistres éventails.

    Attention mon ami, je l'ai vue.
    Méfie-toi : la bête est revenue !
    C'est une hydre au discours enjôleur
    Qui forge une nouvelle race d'oppresseurs.
    Y a nos libertés sous sa botte.
    Ami, ne lui ouvre pas ta porte.

    N'écoutez plus, braves gens,
    Ce fléau du genre humain,
    L'aboiement écoeurant
    De cette bête à chagrin
    Instillant par ces chants de sirène
    La xénophobie et la haine.
    Laissons le soin aux lessives
    De laver plus blanc que blanc.
    Les couleurs enjolivent
    L'univers si différent.
    Refusons d'entrer dans cette ronde
    Qui promet le meilleur des mondes.

    Attention mon ami, je l'ai vue.
    Méfie-toi : la bête est revenue !
    C'est une hydre au discours enjôleur
    Dont les cent mille bouches crachent le malheur.
    Y a nos libertés sous sa botte.
    Ami, ne lui ouvre pas ta porte.
    Car, vois-tu, petit, je l'ai vue,
    La bête. La bête est revenue.