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19/03/2010

DISCOURS DE SILO AU SOMMET DES PRIX NOBEL DE LA PAIX, BERLIN - MOUVEMENT HUMANISTE

LE SENS DE LA PAIX
ET DE LA NON-VIOLENCE
DANS LE MOMENT ACTUEL

LA MARCHE MONDIALE


BERLIN 11/11/09


Discours Silo au 10ème sommet des Prix Nobel de la paix


Discours complet, prononcé par Silo le 11 novembre 2009 à Berlin au 10ème Sommet des Prix Nobel de la paix. Suite au message de bienvenue de Mairead Corrigan Maguire, pacifiste irlandaise et Prix Nobel de la paix, Silo s’est exprimé en sa qualité de fondateur de l’Humanisme Universaliste et inspirateur de la Marche Mondiale pour la Paix et la Non-violence.

Une marche parcourt le monde.
C'est La Marche pour la Paix et la Non-Violence.


* Je voudrais en parler brièvement devant ce forum en ma qualité de fondateur de l'Humanisme Universaliste et d'inspirateur de cette Marche. Celle-ci, à son tour, inspire et entraîne des initiatives variées et diverses activités, comme le parcours symbolique d'une équipe de quelques enthousiastes qui se déplaceront durant trois mois et traverseront de nombreux pays. Ils sont partis le 2 octobre à Wellington, en Nouvelle-Zélande et arriveront le 2 Janvier 2010 au pied du Mont Aconcagua à Punta de Vacas, entre l'Argentine et le Chili.

* La Marche a été lancée lors du Symposium organisé par le Centre Mondial d'Études Humanistes, au Parc d'Étude et de Réflexion de Punta de Vacas le 15 novembre 2008, c'est-à-dire il y a un an, dans l'intention claire de faire prendre conscience de la dangereuse situation mondiale que nous traversons, situation marquée par la probabilité élevée de conflit nucléaire, par l'armement et par la violente occupation militaire de territoires.

*Cette proposition de mobilisation sociale a été impulsée par le Mouvement Humaniste et ses organismes. En quelques mois, la Marche Mondiale a suscité l'adhésion de milliers de personnes, de groupes pacifistes et non-violents, de diverses institutions qui travaillent en faveur des Droits de l'Homme, de personnalités du monde de la science, de la culture et de la politique, tous et toutes sensibles à l'urgence du moment. Elle a également provoqué une énorme quantité d'initiatives dans plus de 100 pays, générant un phénomène de diversité culturelle en rapide croissance. Dans cet ordre d'idée, je dois vous communiquer qu'à l'équipe de base initiale, se sont ajoutés plusieurs tronçons ; l’un traverses plusieurs pays du Moyen-Orient ; l’autre se déplace en Amérique Centrale.

*Nous savons bien que la situation actuelle est critique sous toutes les latitudes et qu'elle se caractérise par la pauvreté de vastes régions, par la confrontation entre les cultures, et par la violence et la discrimination qui contaminent la vie quotidienne de grands secteurs de la population. Aujourd'hui, il existe des conflits armés dans de nombreux endroits et simultanément une profonde crise du système financier international. À tout cela s'ajoute la menace nucléaire grandissante qui est, en définitive, la plus grande urgence du moment actuel. Elle représente une situation extrêmement complexe. Aux intérêts irresponsables des puissances nucléaires et à la folie des groupes violents qui peuvent avoir accès à du matériel nucléaire de dimensions réduites, nous devons ajouter le risque d'accidents qui pourraient faire éclater un conflit dévastateur.

* Tout ce qui précède n'est pas une somme de crises particulières mais le cadre qui met en évidence l'échec global d'un système dont la méthodologie d'action est la violence et dont la valeur centrale est l'argent.

*Pour éviter la catastrophe atomique qui semble menacer le monde dans un futur plus ou moins immédiat, nous devons travailler aujourd'hui même pour dépasser la violence sociale et personnelle, en même temps que nous exigeons :

1. Le désarmement nucléaire mondial
2. Le retrait immédiat des troupes qui envahissent les territoires occupés
3. La réduction progressive et proportionnelle des armements de destruction massive
4. La signature de traités de non agression entre pays
5. Le renoncement des gouvernements à utiliser les guerres comme moyen de résoudre les conflits.


* Le plus urgent est de générer une conscience pour la paix et le désarmement. Mais il est également nécessaire de réveiller la conscience de la Non-violence active qui nous permette de rejeter non seulement la violence physique mais aussi toute forme de violence économique, raciale, psychologique, religieuse et sexuelle. Nous aspirons bien sûr à ce que cette nouvelle sensibilité puisse s'installer et ébranler les structures sociales, ouvrant le chemin à la future Nation Humaine Universelle.

*La Marche Mondiale appelle toutes les personnes à joindre leurs efforts et à prendre en mains la responsabilité de changer notre monde, à dépasser la violence personnelle et, partant de son entourage le plus proche, à faire croître cette influence positive.

*Durant ces trois mois, dans de nombreuses villes et villages, des marches, des festivals, des forums, des conférences et bien d'autres événements sont organisés pour créer cette conscience de la Paix et de la Non-violence. Et dans le monde entier, les campagnes d'adhésion à la Marche multiplient ce signal au-delà de ce que nous avions imaginé jusqu'alors.

*Pour la première fois dans l'histoire, un événement de cette ampleur se met en marche à l'initiative des participants eux-mêmes. La véritable force de cette impulsion naît de l'acte simple de celui qui adhère en conscience à une cause digne et la partage avec d'autres.

*Rafael de la Rubia a été désigné comme représentant de l'organisme humaniste "Monde sans Guerres" pour toute cette période de la Marche et jusqu'en janvier 2010 - date à laquelle se produira la restructuration du Mouvement Humaniste - ; il y a, de même, un porte-parole par continent : Michel Ussene, pour l'Afrique, Sudhir Gandotra pour l'Asie, Giorgio Schultze pour l'Europe, Tomás Hirsch pour l'Amérique latine et Chris Wells pour l'Amérique du Nord. Tous ont accepté la mission de recevoir des mains des prix Nobel de la Paix, lors de ce Sommet à Berlin, la "Charte pour un monde sans violence", s'engageant à la diffuser dans les pays par où la Marche Mondiale passe.

*C'est précisément dans cette "Charte" que sont formulés les Principes auxquels peuvent souscrire les personnes de bonne volonté sous toutes les latitudes.

*Sans m'étendre de manière exhaustive, je voudrais souligner le neuvième principe de la Charte qui dit : «Nous appelons les Nations Unies et leurs États membres à promouvoir la reconnaissance des diversités ethniques, culturelles et religieuses. La Règle d'Or d'un monde non-violent est : Traites les autres comme tu voudrais que les autres te traitent».

*Ce principe moral va au-delà de toute norme et de toute juridiction pour asseoir son domaine sur le terrain humain par le registre de reconnaissance commune qui dépasse tout calcul et toute spéculation.

*Ce principe, connu depuis bien longtemps comme la "Règle d'Or" de la vie en commun, est un des treize principes qui sont considérés dans ce magnifique document qu'il est nécessaire de diffuser amplement.

*Par ailleurs, nous ne pouvons laisser de côté certains thèmes qui permettent la compréhension de nos activités dans le domaine de la non-violence, car il est évident que la prévention négative envers nous est née et s'est développée en Amérique du Sud durant les luttes non-violentes soutenues contre les dictatures militaires. Il est très clair que la discrimination dont nous avons souffert dans les différents domaines est partie de la désinformation et de la diffamation systématique subies durant des décennies dans nos pays d'origine, comme l'Argentine et le Chili. Les dictatures et leurs organes de "désinformation" ont tissé leur réseau à l'époque où l'on interdisait, emprisonnait, déportait et assassinait nos militants. Encore aujourd'hui et sous différentes latitudes, on pourra retrouver la persécution que nous avons subie non seulement de la part des fascistes mais aussi de la part de secteurs "bien-pensants". Il faut observer qu'à mesure que nos activités progressent, de nombreuses personnes qui déclament la Paix, exigent notre silence en criant au scandale ou apostrophent tout groupe ou individu qui nous mentionne publiquement.

*Si ces insultes appartiennent au passé, aujourd'hui on continue de dénigrer l'action non-violente en argumentant que rien ne pourra se faire au-delà des déclamations face aux "réels" puissants qui décident des situations du monde. Et pour donner quelques exemples, voyons quelques cas :

Le premier se réfère aux campagnes contre le Service Militaire effectuées par les Humanistes en Argentine il y a quelques années à peine.

*À cette époque, on rétorquait qu'il était impossible de modifier cette loi à caractère obligatoire. Notons qu'après un an d'activités, un million et demie de signatures pour son abolition a été rassemblé pour son abolition ; ces signatures ont été rejetées sans justification. Alors, le Pouvoir Exécutif a fait de la publicité sur l'inconvenance de cette tentative qui "laisserait sans défense la Nation face aux possibles agressions des pays limitrophes". Cependant, l'opinion publique avait été sensibilisée si bien que, les médias s'en faisant l'écho, le débat (sans mentionner les auteurs du projet) est sorti au grand jour. La Présidence de la République a fini par signer le "décret d'annulation du service militaire obligatoire", pour le remplacer par le service militaire optionnel. Mais on argumenta, à cette occasion, que si une telle mesure était prise, c'est parce qu'un soldat était mort dans une caserne à cause des mauvais traitements reçus. Ainsi sont les choses mais il va de soi que la longue campagne et la mobilisation des humanistes pour que cette loi arbitraire soit enterrée n’a pas été inutile.

L'autre cas, plus récent, s'est produit en République Tchèque.

*Le dénommé "bouclier spatial" était projeté depuis 2002 sans que la population en Tchéquie ni l'Union Européenne n’en aient été informées. En juin 2006, le Mouvement Humaniste s’est fait le promoteur d'une alliance entre organisations de la base sociale et celles de la base politique, en faisant savoir que 70 % de la population était contre. On demandait que ce projet ne soit pas réalisé étant donnée sa dangerosité, en même temps qu'on exigeait un référendum. Deux humanistes entamèrent une grève de la faim et la protestation a commencé à recevoir le soutien d'organisations pacifistes et non-violentes. Cette forme de protestation a duré un an, impliquant des artistes, des scientifiques et des maires. Finalement, la désapprobation s’est développée également au Parlement Européen. En mars 2009, le gouvernement s'est effondré par concours de divers facteurs mais la protestation populaire et l'opposition parlementaire avaient permis de différer la ratification du traité entre la République tchèque et les USA. En septembre 2009, Obama a renoncé au projet de bouclier spatial en Tchéquie et en Pologne.

*Nous devons maintenant considérer deux thèmes encore non compris dans leur portée sociale.

*Comme nous l'avons tous compris, les thèmes de l'écologie et la défense de l'environnement se sont installés dans nos sociétés. Bien que certains gouvernements et certains secteurs intéressés nient le danger qu'entraîne l'inattention à l'écosystème, tous se voient obligés à prendre des mesures progressives sous la pression des populations chaque jour plus soucieuses de la détérioration de notre maison commune. Même nos enfants sont chaque jour plus sensibles à ces dangers. Dans les centres d'éducation les plus élémentaires et dans les médias, on attire l’attention sur le sujet de la prévention de la détérioration et personne ne peut échapper à ces préoccupations.

* Mais quant à la préoccupation par rapport à la violence, nous prenons un retard significatif. Je veux dire que la défense de la vie humaine et des droits de l'homme les plus élémentaires n'est pas encore installée au niveau général et global. On fait même l'apologie de la violence lorsqu'il s'agit d'argumenter sur la défense et plus encore sur "la défense préventive" contre de possibles agressions. Et l'on ne semble pas expérimenter l'horreur de la destruction massive de populations sans défense. C'est seulement lorsque la violence nous touche dans notre vie civile à travers des faits divers sanglants que nous nous alarmons, mais nous ne cessons de glorifier les mauvais exemples qui enveniment nos sociétés et nos enfants, et ce, depuis la plus tendre enfance.

* Il est clair que ni l'idée ni la sensibilité capables de provoquer un rejet profond et un dégoût moral qui nous éloigneraient des monstruosités de la violence dans ses différents degrés ne sont pas installées.

*Pour notre part, nous ferons tous les efforts nécessaires pour que dans le milieu social les thèmes de la Paix et de la Non-violence entrent en vigueur et viendra le temps où ils susciteront des réactions individuelles et également massives. Ceci sera le moment d'un changement radical dans notre monde.

*Pour finir cette brève intervention, j'aimerais revenir sur la Charte pour un monde sans violence, proposée par les Prix Nobel de la Paix et Organisations Nobel de la Paix, dans l'objectif d'impulser ses propositions au cours de la Marche Mondiale pour la Paix et la Non-violence. Nous serons très honorés de partager ses principes dans les actions concrètes de l'activité sociale qui, c'est certain, nous mettront en chemin vers ce nouveau monde que nous venons d’évoquer.

C'est tout, merci beaucoup.

Silo
Berlin, le 11 novembre 2009

PAIX CROISSANTE OU DESTRUCTION CROISSANTE? MOUVEMENT HUMANISTE

Prague, septembre 2006


 

TEXTE VIDEO

* Un rêve a accompagné l’humanité ces dernières décennies : le développement technologique nous aurait amenés vers une société évoluée, où peu à peu les problèmes encore présents auraient été résolus. Nous avons imaginé l’an 2000 comme l’époque où les mots guerre, terreur, pauvreté, auraient perdu leur sens. Malheureusement, même si c’est dur à accepter, la réalité est différente du rêve : on vit dans l’absurdité des guerres, dans la terreur, dans la souffrance et dans la pauvreté matérielle et spirituelle.Dans certaines nations, où l’on vit une période de paix relative, parfois la guerre est seulement un mot écouté à la télé, mais en réalité la guerre est mort, destruction, pauvreté, douleur, c’est l’échec de la civilisation humaine.

* Aujourd’hui plus de 30 guerres sont en cours. Chaque année 500.000 personnes meurent à cause des armes, 1.300 par jour, une toutes les minutes.La dépense militaire mondiale, considérablement augmentée durant les dernières années, a été en 2005 de 1.120 milliards de dollars. La moitié de cette dépense a été soutenue par les Etats-Unis, suivis par la Grande-Bretagne, la France, le Japon et la Chine. Dans ce classement de l’horreur, suivent Allemagne, Italie, Arabie Saoudite, Russie, Inde, Corée du Sud, Canada, Australie et Israël. La dépense totale de ces 15 pays est égale au 84% de la dépense militaire mondiale.Il s’agit de chiffres absurdes, il suffit de penser que le sommet du G8 en 2005 a destiné seulement 50 milliards pour les aides à l’Afrique.Les pays industrialisés sont les principaux exportateurs d’armes légères. Les cinq pays membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies contrôlent 88% du marché global des armements. Cela signifie que les nations qui siègent aux conférences pour la paix, sont les mêmes qui produisent les armes et qui ont d’énormes intérêts à ce que la paix ne soit pas réalisée.

* En 1945, contre un pays désormais épuisé et prêt à la capitulation, pour la première fois fut lancée la bombe nucléaire sur les villes d’Hiroshima et Nagasaki : 180.000 morts en peu de secondes !A l’horreur des camps de concentration s’ajouta celui du nucléaire. Dans les années qui suivirent, la course à l’armement nucléaire amena plusieurs fois l’humanité au bord d’un conflit mondial. En 1970 entra en vigueur le Traité de Non-Prolifération Nucléaire : les puissances nucléaires s’engageaient à démanteler leurs arsenaux et à ne pas augmenter leurs équipements, alors que tous les autres pays renonçaient aux armes atomiques. Dans les années 80 Gorbatchev et les hommes de la Perestroïka, dans un moment de grande tension internationale, démarrèrent une politique de désarmement unilatéral. Il semblait alors que le danger d’une guerre atomique s’était éloigné et qu’une époque de distension allait commencer. Au début des années 90 les accords entre Etats-Unis et Russie ont amené au démantèlement de milliers de têtes nucléaires tactiques.

* Mais en 1995 la Chine et la France, malgré les grandes protestations populaires, reprirent les essais nucléaires, suivi par l’Inde et le Pakistan. En mai 2005 la Septième Conférence de Révision du Traité a échouée. La raison principale de cet échec a été le refus des Etats-Unis de travailler pour créer une zone sans armes nucléaires en Proche-Orient, et celui des puissances nucléaires d’élaborer un programme pour leur total désarmement.

* L’OTAN agit hors des accords du Traité, en les violant ouvertement. Les Etats-Unis ont dispersé des bombes dans plusieurs bases américaines qui se trouvent en Europe : 150 têtes nucléaires en Allemagne ; 20 en Belgique ; 20 aux Pays-Bas ; 110 en Grande-Bretagne ; 90 en Italie ; 90 en Turquie. Les Etats-Unis continuent à poursuivre un vieux plan: le bouclier spatial. Ils veulent installer en Europe des missiles capables d’intercepter d’éventuelles attaques ennemies. Ils ont toujours essayé d’éviter qu’un éventuel conflit nucléaire puisse frapper leur territoire, en tentant de déplacer le théâtre d’une possible guerre dans d’autres continents, comme l’Europe. Malgré les réductions effectuées dans les années 90, restent dans le monde environ 30.000 têtes nucléaires, suffisantes pour détruire notre planète 25 fois. Selon les données officielles, la Russie a admis posséder 20.000 bombes, les Etats-Unis 10.500, la France 450, la Chine 400, la Grande-Bretagne 185 et selon quelques observateurs Israël en possède au moins 200, suivent Inde, Pakistan et Corée du Nord.

* Entre temps la course au réarmement nucléaire est repartie : la Russie en 2004 a réalisé 16 explosions expérimentales de missiles balistiques. La Grande-Bretagne a en projet de nouvelles bombes nucléaires pour les sous-marins Trident et les Etats-Unis sont en train de concevoir des petites bombes à utiliser dans le champ de bataille ainsi que d’autres qui puissent pénétrer en profondeur dans le terrain. France et Etats-Unis affirment en outre qu’il n’y a plus l’engagement de ne jamais utiliser les bombes nucléaires en premier.Le danger de l’éclatement d’un engin nucléaire est très grand surtout si on considère qu’aujourd’hui c’est possible de transporter dans une petite valise une bombe dix fois plus puissante que celle lancée à Hiroshima.Dans les divers conflits qui éclatent, on observe, au delà des motivations officielles, une intention destructive, de contrôle et d’appropriation des ressources. Les « seigneurs de l’univers », comme les appelle le Financial Times, montrent dans les faits, non seulement leur incapacité et irresponsabilité, mais surtout que leur esprit est malade et guidé seulement par la logique primitive de la violence.Des millions de personnes souffrent à cause de guerres qui n’ont pas choisies et dont ne connaissent même pas les apparentes motivations. Dans cette atmosphère la violence grandit et s’étend à tous les domaines.


* On est face à une nouvelle lutte qui implique toute la planète : d’un côté une poignée de méchants avec leurs conseillers, et de l’autre des milliards de personnes, obligées à vivre dans la douleur, la terreur, la solitude et le manque de futur. Nous sommes devant à un choix : paix croissante ou destruction croissante.

* Partout dans le monde se développe un Mouvement pacifiste et non violent, qui unit des personnes de différentes races et religions, cultures et générations. C’est une nouvelle sensibilité qui comprend que ce qui se passe en un point finit pour influencer tout le reste : La paix et le bien-être seront pour tous ou pour personne !Ce Mouvement s’inspire de Guides spirituels tel que Mahatma Gandhi, Martin Luther King et Silo, et utilise la non violence comme méthodologie d’action : faire pression sur les gouvernements et sur ceux qui ont le pouvoir de décision afin qu’ils révisent leurs choix désastreux.Nous voulons que la dépense militaire soit convertie en une dépense pour la paix et le bien-être. Il suffit du 10% de la dépense militaire pour commencer à enrayer le fléau de la famine dans le monde. En choisissant le chemin de la paix croissante, les conditions de vie dans les pays les plus pauvres s’amélioreront, en prévenant en outre les migrations auxquelles ces peuples sont obligés poussés par la nécessité. Dans les pays plus riches on investira dans les piliers d’une vrai civilisation : l’éducation et la santé, qui aujourd’hui virent dangereusement vers une aveugle privatisation. Il en naîtra une distension internationale et une nouvelle collaboration entre les peuples qui favorisera non pas le conflit entre les cultures, mais la convergence des diversités vers la Nation Humaine Universelle.

* On doit arrêter immédiatement la construction de nouvelles armes atomiques et démarrer des négociations pour le démantèlement progressif de tous les engins nucléaires. Les puissances nucléaires doivent commencer un désarmement proportionnel supervisé par les Nations Unies.

* Les pays qui occupent des territoires étrangers doivent immédiatement retirer leurs troupes, disons « stop » à l’hypocrisie des guerres humanitaires.

* Notre gouvernement doit prendre position contre la politique du réarmement nucléaire et ne doit soutenir aucune guerre.Demandons aux scientifiques engagés dans la construction d’armes, d’être conscient de la grave responsabilité qu’ils ont, et mettent leur intelligence et connaissance à faveur d’une science de la paix et non de la guerre.
Demandons aux journalistes de ne pas être les porte-parole des puissants, mais d’être la voix de la justice et de la vérité.Demandons aux armées d’être au service des peuples et non de quelques hommes sans scrupules qui veulent la destruction de la Terre.

* Demandons aux peu de politiciens qui ont encore un cœur et la raison de soutenir toute initiative pour le désarmement et contre la guerre, de prendre position contre leurs gouvernements et leurs partis.

* Mais ce message est adressé surtout à toi : répands ce Mouvement et cet espoir dans tous les coins de la Terre.

* Lutte contre la guerre et dépasse aussi la violence qui est présente dans ton cœur.

* Allume ta rébellion, allume la flamme de l’espoir !

17/03/2010

QU'EST-CE QUE LA NON-VIOLENCE ACTIVE ? PAR LE MOUVEMENT HUMANISTE

LA NON-VIOLENCE ACTIVE (Français)

 

LA NON-VIOLENCE ACTIVE (Arabe)

 

LA NON-VIOLENCE ACTIVE (Anglais)

 

TEXTE VIDEO

Dans le monde actuel la violence augmente et se répand dans tous les domaines, en engendrant un climat de peur, d’incertitude, d’asphyxie et de clôture. Il ne s’agit pas seulement de violence physique, de guerre et de criminalité, mais aussi de violence économique, raciale, religieuse, psychologique, celle domestique, familiale et de la violence intérieure.

Parfois il nous arrive d'écouter le mot non-violence mais, cause de la superficialité des informations, nous n’en n’avons pas toujours une idée précise.

La non-violence n'est pas le pacifisme, ce n'est pas une simple méthodologie pour les manifestations. La non-violence n'est pas l´attitude résignée de celui qui, à cause de la peur, évite le conflit.

La non-violence est une grande philosophie de vie et une méthodologie d'action, toujours inspirée par de profondes convictions morales et religieuses, et aujourd'hui elle est la seule réponse cohérente à la spirale de violence qui nous entoure.

Voyons en bref les idées de quelques penseurs et mouvements qui se sont inspirés de la non-violence.

 


JAINISME.jpgJAINISME

«Eprouver de la compassion pour un Être Vivant c’est l'éprouver pour soi-même»

Le jaïnisme est, avec l'hindouisme et le bouddhisme, une des religions historiques de l'Inde.

Pour le jaïnisme, tout être vivant a un principe vital unique et immortel. Toute action qu'on accomplit est une cause qui a un effet, et ainsi toute action violente (himsa) contre ce principe vital se retourne contre celui qui l’a accompli.

Seulement avec des actions non-violentes il est possible d'atteindre le lieu de la béatitude et de la paix. Pour cette raison l'ahimsa – la non-violence – est le fondement de l’éthique jaïniste. L'ahimsa est le respect total de toute forme de vie.

Tuer un Être Vivant est comme se tuer soi-même; éprouver de la compassion pour un Être Vivant est comme l'éprouver pour soi-même.

En connaissant ce principe d’Égalité, traite toujours les autres avec Respect et Compassion.

 

LEON TOLSTOI.jpgLEON TOLSTOI

«Ne fait pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'ils fassent à toi-même»

Il naquit en 1828 à Jasnaja Poljana en Russie.

Entre le 1860 et le 1880 il écrivit ses deux romans les plus célèbres, Guerre et paix et Anna Karenine. Mais c’est dans ses autres livres, comme Le Royaume de Dieu est en vous, qu’on trouve une profonde réflexion sur la non-violence.

Après une crise existentielle il s’approcha du christianisme, en essayant d’en cueillir le sens authentique et originaire, perdu par le christianisme officiel.

Pour Tolstoj l'église a oublié deux principes simples mais fondamentaux de l'Évangile : aimer les hommes et ne pas s’opposer au mal avec la violence. Ainsi, même si le christianisme est partout autour de nous, il n'a pas pénétré dans le coeur et dans la vie des hommes.

Et alors le Christ enseignait sa doctrine qui consiste non seulement dans le fait qu’il ne faut pas s'opposer au mal avec la violence, mais aussi dans une nouvelle idée de la vie, dont l’application à la vie sociale aurait le résultat de faire disparaître la lutte entre les hommes, en ne soumettant pas une partie d'eux à quelques autorités, mais en interdisant que les hommes, surtout ceux qui sont au pouvoir, utilisent la violence contre n'importe qui, dans toutes circonstances.

Mais ce message fut réellement accepté par peu de personnes, et même quand les États accueillirent le christianisme, ils le firent en acceptant l'extériorité de la doctrine, pour pure utilité.

La contradiction entre la conscience et la vie et, donc le dédoublement de notre existence, sont arrivés à leur extrême limite.

D’un côté on parle d'humanité, de compréhension, de justice et de l’autre côté on appuie, silencieusement ou explicitement, une société et un système de gouvernement fondés sur la violence. Qui se trouve au gouvernement utilise toujours la violence quand son pouvoir est menacé. La guerre est ainsi justifiée comme une nécessité pour empêcher que les méchants aillent au pouvoir, bien qu’en réalité eux-mêmes sont les violents, et ne veulent rien d’autre que protéger leur situation apparemment avantageuse. Et ainsi ils manipuleront l'opinion publique pour convaincre qu'il s'agit d'utiliser la violence contre un mal objectif, qui met tout le monde en danger.

Si nous n'étions pas aveuglés par l'hypocrisie, les choses les plus simples de la vie nous apparaîtraient d’une façon très claire :

Partage ce que tu as avec les autres, n’accumule pas de richesses, ne soit pas superbe, ne vole pas, ne fait pas souffrir, ne tue pas, ne fait pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'ils fassent à toi-même, tout ceci a été dit, non pas il y a dix-huit siècles, mais cinq mille ans, et on ne pourrait pas douter de la vérité de cette loi si l'hypocrisie n'existait pas.

L’unique sens de la vie est de servir l'humanité, en concourant à l'établissement du royaume de Dieu, ce qui ne peut pas se faire si chacun des hommes ne reconnaît pas et ne professe pas la vérité. «Le royaume de Dieu ne viendra pas de manière qu'on puisse l’observer. Et on ne dira pas : le voilà ici, ou le voilà là-bas. Pour le fait que, tout simplement, le Royaume de Dieu est en vous.»

 

 

GANDHI2.jpgM. K. GANDHI

«La non violence est la plus grande force à disposition de l'humanité»

Gandhi naquit en Inde en 1869 et s'établit à Londres en 1888 pour obtenir la maîtrise en Droit. Ses intérêts le portèrent à étudier des textes religieux et il s’approcha aussi de la pensée de Tolstoï, en restant frappé surtout par Le Royaume de Dieu est en vous, qu'il définit comme un des livres capables de transformer immédiatement une personne. Il partit pour l'Union de l’Afrique du Sud en 1893 pour des raisons de travail. Le pouvoir en Afrique du Sud était en main à une minorité de blancs et il y avait un régime d'apartheid absolu qui discriminait non seulement les natifs mais aussi une petite communauté d'Indiens. Et c’est ici que Gandhi, en se heurtant contre la ségrégation raciale et en subissant diverses offenses, commença son activité sociale. Environ 5000 Indiens devaient subir des injustices de tous types: persécutions, taxes exagérées, restrictions des libertés personnelles. Gandhi se plaça comme leader de cette communauté et au début ses luttes se fondaient sur des pétitions, des dénonciations, des publications et des lettres. Mais avec le déroulement et l’envenimement des événements, il mûrit et approfondit ses idées et ses méthodes de lutte.

En 1906 une nouvelle loi obligeait les Asiatiques à se munir de cartes d'identité, à se laisser prendre les empreintes digitales et à se soumettre à une longue série d'humiliations. Gandhi lança une campagne de désobéissance civile, les Indiens refusèrent de se faire enregistrer. Les prisons se remplirent et même Gandhi fit sa première expérience de ceux qu’il appelait les «auberges de Sa Majesté».

En 1913 une grande partie des lois discriminatoires furent abrogées, et Gandhi avait obtenu une première grande victoire, en montrant la grande force de la non-violence. En 1914 il revint en Inde où entre temps il était devenu célèbre.

L’Inde était une colonie anglaise de grande importance. Elle avait été assujettie militairement, politiquement et économiquement. Les anglais exploitaient avec des grands revenus les ressources naturelles de l’Inde, mais le pays restait toujours pauvre. Le mécontent était très diffus et le Congrès indien n’avait aucun type de pouvoir politique.

Grâce au guide de Gandhi le Congrès prit un rôle différent en ce qui sera en suite le processus de l'indépendance indienne: il en fit partie aussi une minorité musulmane, mais surtout, le mouvement d'élite se transforma en mouvement de masse. Les campagnes non-violentes que Gandhi lança (il les appelait Satyagraha, c’est-à-dire force de la vérité) furent appuyées dans tout le pays : désobéissance aux lois injustes, manifestations, mais surtout non-collaboration avec le gouvernement anglais. Les écoles gouvernementales se vidèrent, les conflits étaient résolus hors des tribunaux, ceux qui étaient employés dans les administrations se retirèrent, les produits anglais étaient boycottés.

Les vieux outils indiens pour la filature furent rafraîchis pour la production de vêtements, ainsi, ne les achetant plus des anglais, on pouvait toucher les colonisateurs en ce qui était pour eux le plus important: l’économie.

Pour Gandhi la non-violence : «ne signifie pas soumission docile à la volonté du méchant, mais signifie l'emploi de toutes les forces de l'âme contre la volonté du tyran.

La non-violence n'est pas une justification pour le couard, mais la suprême vertu du courageux. La pratique de la non-violence demande beaucoup plus de courage que la pratique des armes... Aussi la vengeance est un symptôme de faiblesse… Un chien aboie et mord quand il a peur. Un homme qui ne craint personne au monde juge inutile même de se fâcher contre celui qui, en vain, essaye de lui apporter une offense.

Je considère moi-même un soldat, mais un soldat de paix. Je suis conscient de la valeur de la discipline et de la volonté.»

La lutte continua aussi avec le boycottage du sel importé de l'Angleterre : Gandhi enseigna à ses gens à l'extraire de la mer.

Le chemin, de toute façon, ne fut pas linéaire. Il y avait des grandes violences de la part des Anglais qui, dans un tristement célèbre épisode, tirèrent sur la foule paisible et inerte en tuant 400 personnes ; et il y avait des violences aussi de la part des manifestants, ce qui porta Gandhi à suspendre le Satyagraha pour reprendre la lutte successivement.

En général les Anglais répondirent avec une alternance de concessions et de répressions.

Pour Gandhi la non-violence était beaucoup plus qu'une forme de lutte ou d'un moyen pour atteindre un but politique. La non-violence est la lutte contre les injustices, l’affirmation de l'amour vers les autres, la recherche de la Vérité.

«Une longue expérience m'a convaincu qu'il n’y a pas d’autre Dieu que la Vérité… Les petites et fugaces lueurs de Vérité que j'ai été capable de cueillir peuvent difficilement donner l'idée de la splendeur de la vérité, un million de fois plus intense que celle du soleil qu’on voit tous les jours avec nos yeux. En réalité ce que j’ai cueilli est seulement le rayon le plus léger de cet éclat puissant. Mais sur la base de toute mon expérience je peux dire avec certitude : une vision parfaite de la vérité peut dériver seulement d'une complète réalisation de l'Ahimsa, de la non-violence».

Ce chemin difficile porta l'Inde à l'indépendance, à la fin du second conflit mondial. Ce n'était pas l'indépendance dont Gandhi rêvait : le pays se divisa en Pakistan, avec majorité musulmane, et en Union Indienne, à majorité hindoue. Dans cette atmosphère de violence religieuse Gandhi fut tué par un Hindou extrémiste en 1948. Cependant Gandhi avait déjà montré au monde la grande force de l'Ahymsa, la grande force de la lutte non-violente.

 

 

MLK.jpgMARTIN LUTHER KING

«La non collaboration avec le mal est une obligation morale ainsi que la collaboration avec le bien»

M.L.King naquit en 1929 à Atlanta en Géorgie, prit une maîtrise universitaire en Théologie et Philosophie et dans ses études il découvrit aussi Gandhi, en restant frappé et fasciné par l'idée de non-violence. Pasteur baptiste, plus qu'un penseur il fut un grand homme d'action. Son activité sociale se déroula dans les années '50 et '60, dans lesquels dans les démocratiques États-Unis d'Amérique existait un dur régime ségrégationniste qui voyait les noirs vivre aux marges de la société. En tous les lieux publics -moyens de transport compris- les noirs avaient des places "réservées", ils ne jouissaient pas des mêmes droits des blancs, les salaires étaient différents, ils vivaient enveloppés par une atmosphère venimeuse de violence et de discrimination, et surtout relégués en quartiers ghetto.

En 1954 MLK s'établit à Montgomery en Alabama, et ici il commença son activité politique et sociale, comme leader du mouvement de protestation contre la ségrégation raciale dans les moyens de transport de la ville.

L'étincelle de la protestation naquit de l'arrestation d’une femme, Rosa Parks, qui, étant assise dans un autobus en une place réservée aux blancs, refusa de se lever. On prépara et réalisa avec succès un boycottage des moyens de transport.

La protestation dura plus qu'un an et les noirs de Montgomery montrèrent une grande conviction, permanence et maturité, en mettant en pratique les idées de M.L.King : non-violence, ne pas répondre aux provocations. Provocations qui furent de tous types : M.L.King fut arrêté et condamné et subit des menaces et des attentats, des arrestations de masse furent exécutées, des fausses nouvelles furent données par les autorités et par les moyens d’information pour diviser le Mouvement. Celle-ci est la manière avec laquelle nous sortirons de cette obscure nuit d'oppression: faire de cette nation une nation meilleure signifie que nous pouvons nous lever et faire connaître à l'opposition que nous n'accepterons pas l'injustice et l'affronterons avec nos vies. Nous ne nous baisserons jamais au niveau de la violence et de la haine, et arriverons à ce point et serons capables de les convaincre qu'un nouveau monde est en train d'émerger.

Après un an de protestations, la Cour Suprême déclara illégale le ségrégationnisme dans les moyens de transport. Les réactions violentes à la décision de la Cour Suprême furent fortes, entre elles des manifestations du Ku Klux Klan, mais aussi les réponses du Mouvement furent convaincues : «un des mérites les plus importants de la démocratie Américaine est que nous avons le droit de pouvoir protester pour nos droits; celle-ci est une protestation non-violente; nous nous appuyons sur des forces spirituelles et morales, en utilisant la méthode de la résistance passive, et même si nous devons recevoir violence, ne répondons pas avec violence.»

Le mouvement des noirs s’était développé aussi entre les étudiants :non-collaboration, manifestations de protestation, sit-in étaient les méthodes les plus utilisées contre le ségrégationnisme. Un important objectif était d’atteindre le droit réel au vote pour la population de couleur. M.L.King continua à subir une série d'injustices, d'arrestations injustifiés, de menaces et d’attentats.

Finalement on commença à négocier et à atteindre les premiers accords pour abolir le ségrégationnisme. Les luttes se répandirent aussi aux États du nord en culminant en 1964 avec la marche de Washington, où M.L.King tint son fameux discours: «J’ai un rêve».

J’ai un rêve qu’un jour, sur les rouges collines de la Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.

J’ai un rêve qu’un jour, même l’État de Mississippi, un état étouffé par la chaleur de l’injustice, étouffé par la chaleur de l’oppression, sera transformé en une oasis de liberté et de justice.

J’ai un rêve que mes quatre enfants habiteront un jour une nation où ils ne seront pas jugés par la couleur de leur peau, mais par les qualités de leur caractère.

J’ai un rêve, aujourd’hui.

Dans les années suivantes, avec la permanence des luttes, s'envenima aussi la réaction des ségrégationnistes, et divers représentants du Mouvement non-violent furent tués. Martin Luther King comprit en profondeur de plus en plus que sa lutte n'était pas seulement celle des noirs en Amérique, mais concernait tout le genre humain. Ainsi il comprit que la violence était à rechercher en sein de la société même, de ses règles, de sa philosophie.

Cette profondeur le poussa à prendre position contre la guerre au Vietnam, en recevant les critiques de ce monde démocrate et chrétien qui, petit à petit, était en train de l'accepter et de le reconnaître comme interlocuteur.

«Dieu n'est pas intéressé tout simplement à la liberté des hommes noirs, des hommes marrons et des hommes jaunes, Dieu est intéressé à la liberté de toute la race humaine et à la création d'une société où tous les êtres humains vivront ensemble comme frères, où il n’y aura pas besoin de haine ni de violence, celle-ci est une autre manière, une manière moderne comme celle de Gandhi qui nous dit que la non-coopération avec le mal est une obligation morale ainsi que la collaboration avec le bien, celle-ci est une autre manière.»

M.L. King mourut assassiné le 4 avril 1968 à Memphis, au Tennessee, mais plus rien n’aurait pu arrêter tout ce qu’il avait mis en marche. La veille il tint un discours :

«Comme tous, je voudrais vivre une longue vie : la longévité a son importance. Mais maintenant je ne me préoccupe pas de cela. Je veux faire seulement la volonté de Dieu. Et Il m'a permis de monter sur la montagne. Et de là, j'ai donné un coup d’oeil. Et j'ai vu la terre promise. Peut-être je n'arriverai pas là avec vous. Mais je veux que cette nuit vous sachiez que nous, en tant que peuple, atteindrons la terre promise. Et je suis heureux, cette nuit. Rien ne m'effraie. Je n'ai peur d'aucun homme. Mes yeux ont vu la Gloire de l’Avent du Seigneur.»

 

 

SILO8.jpgSILO

«Aime la réalité que tu construis et pas même la mort n’arrêtera ton vol !»

Silo, pseudonyme littéraire de Mario Rodriguez Cobos, naquit en 1938 à Mendoza en Argentine, où il vit actuellement.

Les premières tentatives de rendre publiques ses idées furent réprimées par le sanglant régime militaire qui, dans les années '60, s'imposa en Argentine. Silo et quelques jeunes qui diffusaient ses idées furent arrêtés et persécutés.

Seulement le 4 mai 1969 un discours public fut possible, mais à 3000 mètres d'altitude sur le mont Aconcagua, entouré par des véhicules militaires et des mitrailleuses.

«Lorsque je parle de violence, ne crois pas que je me réfère uniquement à la guerre et aux armes avec lesquelles les hommes détruisent d’autres hommes ; ceci est une forme de violence physique. Mais il y a aussi une violence économique qui te fait exploiter l’autre : elle apparaît quand tu voles l’autre, quand tu n’es plus son frère, mais plutôt un rapace pour lui. Il y a aussi une violence raciale : crois-tu ne pas l’exercer quand tu persécutes quelqu’un d’une race différente de la tienne ? Crois-tu ne pas l’exercer quand tu le diffames car il est d’une race différente de la tienne ? Il y a une violence religieuse…»

Malgré la répression et le silence des moyens d’information, la pensée de Silo se répandit de l’Amérique Latine au reste de la planète. En rencontres et conférences, tenues en divers pays et continents, il expliqua ses idées publiquement.

Beaucoup de jeunes restèrent enthousiastes de ses propositions, et lentement un courant de pensée et d'action commença à se développer, connu comme Mouvement Humaniste.

Notre morale est fondée sur ce principe : traite les autres comme tu veux qu’ils te traitent.

La philosophie de Silo a été définie Humanisme Universaliste ou Nouvel Humanisme. En effet ses propositions ne s'adressent pas aux conflits et aux injustices vécues par une culture particulière, mais à la planète entière, où les gens de toutes les latitudes souffrent à cause de la violence exercée par une minorité qui domine et impose son modèle inhumain.

La globalisation n'est que l'extension de l'influence de l'empire américain, qui impose ses modèles jour après jour

… au contraire les diversités sont très importantes, sont la richesse de l'humanité

…et doivent converger vers une nation humaine universelle.

Humanisme, puisque la préoccupation centrale de sa pensée est la vie humaine, l'être humain concret et réel.

«Tout être humain a le droit de s'interroger sur le sens de la vie, sur l'amour, sur l'amitié… sur tout ce qui concerne la poésie et la grandeur de l'existence humaine et qu'une stupide et petite culture matérialiste essaie de dénigrer, entraînant tout vers des anti-valeurs et vers la désintégration.»

Dans les années ‘90, le Mouvement Humaniste atteint un plein développement et aujourd'hui lutte pour la défense réelle des droits humains dans le champ social, politique et culturel, en différentes régions de la planète.

«Ces propositions de considérer l'être humain en tant que valeur centrale, de favoriser l'égalité des chances pour tous, de reconnaître la diversité en s'opposant à toute discrimination, de favoriser la liberté de penser et de lutter contre toute forme de violence, caractérise notre pensée et notre action dans les aspects les plus généraux. En même temps ces propositions finissent par former un style de vie et un mode de relations de la plus haute valeur morale, pouvant s'exprimer dans la phrase : «traite les autres comme tu veux qu'ils te traitent !»

Sa production littéraire est intense : nombreux sont les livres où on peut trouver l’exposition de ses idées.

En 1999, dans le même lieu où il avait prononcé son premier discours 30 ans avant, il déclare l’échec des idéaux du Nouvel Humanisme qui ne se sont pas réalisés.

"Si aujourd'hui nous avons à déclarer notre échec, nous devons aussi annoncer qu'une nouvelle civilisation est en train de naître, la première civilisation planétaire de l'histoire humaine."

Cinq ans après, à l'occasion de la première célébration du Message de Silo, il clarifie : "Nous avons échoué… mais nous insistons ! Nous avons échoué mais nous insistons dans notre projet d’humanisation du monde… Nous avons échoué et nous continuerons d’échouer encore mille et une fois car nous chevauchons les ailes d’un oiseau appelé «tentative» qui vole par dessus les frustrations, les faiblesses et les petitesses... C’est la tentative qui vaut la peine de vivre car elle est la continuité des meilleures aspirations des gens de bonté qui nous ont précédés. C’est la tentative qui vaut la peine de vivre car elle est le précédent des futures générations qui transformeront le monde."

Dans un monde où le manque de perspectives pour l'avenir asphyxient le présent, Silo expose ses analyses et ses propositions avec clarté :

Dans ce monde malheureux où la force et l’injustice s’emparent des villes et des campagnes, comment pense-t-on en finir avec la violence ?

"Peut être croient-ils être un exemple inspirateur pour les nouvelles générations quand, déguisés en jeux vidéo ils déblatèrent sur le monde, quand ils menacent dans la pire démonstration de tyrannie, quand, finalement, ils envoient leurs gamins envahir, tuer et mourir sur des terres lointaines. Cela n’est pas un bon chemin, ni un bon exemple.… nous travaillerons à partir de maintenant partout dans le monde pour faire pression sur ceux qui décident, pour diffuser les idéaux de paix, sur la base de la méthodologie de la non-violence, pour préparer le chemin des temps nouveaux. Oui, ça vaut la peine que ce Message et cet Humanisme Universaliste gagnent en force."

Le Message de Silo inspire une profonde spiritualité :

"Finalement, mes amis, je veux partager avec vous tous cette certitude profonde qui dit : «le Sacré est en nous et rien de mal ne peut arriver dans cette quête profonde de l’Innommable». Je crois que quelque chose de très bon arrivera quand les êtres humains trouveront le Sens tant de fois perdu et tant de fois retrouvé dans les tournants de l’Histoire.

Je voudrais, mes amis, que l’on entende le Message du Profond. Ce n’est pas un Message strident, c’est un message très tranquille que l’on ne peut entendre quand on veut l’attraper.

Je voudrais, mes amis, transmettre la certitude de l’immortalité. Mais, comment le mortel pourrait-il générer quelque chose d’immortel ? Peut être devrions-nous nous interroger sur comment il est possible que l’immortel génère l’illusion de la mortalité..."

Aujourd’hui c’est difficile de prévoir le développement futur du Message de Silo...

 

CONCLUSION

Dans l'histoire existent beaucoup de personnes qui donnent Espoir à l'humanité, toujours en indiquant la non-violence comme le chemin à suivre. Elles montrent aussi que le vrai pouvoir réside dans les gens, quand elles luttent avec unité, solidarité et décision pour un monde meilleur.

Elles montrent aussi qu’en chacun de nous on trouve la Bonté, la Force et la Sagesse, les seules choses dont on a réellement besoin.

Notre avenir dépend des choix que nous faisons aujourd'hui.