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17/03/2010

QU'EST-CE QUE LA NON-VIOLENCE ACTIVE ? PAR LE MOUVEMENT HUMANISTE

LA NON-VIOLENCE ACTIVE (Français)

 

LA NON-VIOLENCE ACTIVE (Arabe)

 

LA NON-VIOLENCE ACTIVE (Anglais)

 

TEXTE VIDEO

Dans le monde actuel la violence augmente et se répand dans tous les domaines, en engendrant un climat de peur, d’incertitude, d’asphyxie et de clôture. Il ne s’agit pas seulement de violence physique, de guerre et de criminalité, mais aussi de violence économique, raciale, religieuse, psychologique, celle domestique, familiale et de la violence intérieure.

Parfois il nous arrive d'écouter le mot non-violence mais, cause de la superficialité des informations, nous n’en n’avons pas toujours une idée précise.

La non-violence n'est pas le pacifisme, ce n'est pas une simple méthodologie pour les manifestations. La non-violence n'est pas l´attitude résignée de celui qui, à cause de la peur, évite le conflit.

La non-violence est une grande philosophie de vie et une méthodologie d'action, toujours inspirée par de profondes convictions morales et religieuses, et aujourd'hui elle est la seule réponse cohérente à la spirale de violence qui nous entoure.

Voyons en bref les idées de quelques penseurs et mouvements qui se sont inspirés de la non-violence.

 


JAINISME.jpgJAINISME

«Eprouver de la compassion pour un Être Vivant c’est l'éprouver pour soi-même»

Le jaïnisme est, avec l'hindouisme et le bouddhisme, une des religions historiques de l'Inde.

Pour le jaïnisme, tout être vivant a un principe vital unique et immortel. Toute action qu'on accomplit est une cause qui a un effet, et ainsi toute action violente (himsa) contre ce principe vital se retourne contre celui qui l’a accompli.

Seulement avec des actions non-violentes il est possible d'atteindre le lieu de la béatitude et de la paix. Pour cette raison l'ahimsa – la non-violence – est le fondement de l’éthique jaïniste. L'ahimsa est le respect total de toute forme de vie.

Tuer un Être Vivant est comme se tuer soi-même; éprouver de la compassion pour un Être Vivant est comme l'éprouver pour soi-même.

En connaissant ce principe d’Égalité, traite toujours les autres avec Respect et Compassion.

 

LEON TOLSTOI.jpgLEON TOLSTOI

«Ne fait pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'ils fassent à toi-même»

Il naquit en 1828 à Jasnaja Poljana en Russie.

Entre le 1860 et le 1880 il écrivit ses deux romans les plus célèbres, Guerre et paix et Anna Karenine. Mais c’est dans ses autres livres, comme Le Royaume de Dieu est en vous, qu’on trouve une profonde réflexion sur la non-violence.

Après une crise existentielle il s’approcha du christianisme, en essayant d’en cueillir le sens authentique et originaire, perdu par le christianisme officiel.

Pour Tolstoj l'église a oublié deux principes simples mais fondamentaux de l'Évangile : aimer les hommes et ne pas s’opposer au mal avec la violence. Ainsi, même si le christianisme est partout autour de nous, il n'a pas pénétré dans le coeur et dans la vie des hommes.

Et alors le Christ enseignait sa doctrine qui consiste non seulement dans le fait qu’il ne faut pas s'opposer au mal avec la violence, mais aussi dans une nouvelle idée de la vie, dont l’application à la vie sociale aurait le résultat de faire disparaître la lutte entre les hommes, en ne soumettant pas une partie d'eux à quelques autorités, mais en interdisant que les hommes, surtout ceux qui sont au pouvoir, utilisent la violence contre n'importe qui, dans toutes circonstances.

Mais ce message fut réellement accepté par peu de personnes, et même quand les États accueillirent le christianisme, ils le firent en acceptant l'extériorité de la doctrine, pour pure utilité.

La contradiction entre la conscience et la vie et, donc le dédoublement de notre existence, sont arrivés à leur extrême limite.

D’un côté on parle d'humanité, de compréhension, de justice et de l’autre côté on appuie, silencieusement ou explicitement, une société et un système de gouvernement fondés sur la violence. Qui se trouve au gouvernement utilise toujours la violence quand son pouvoir est menacé. La guerre est ainsi justifiée comme une nécessité pour empêcher que les méchants aillent au pouvoir, bien qu’en réalité eux-mêmes sont les violents, et ne veulent rien d’autre que protéger leur situation apparemment avantageuse. Et ainsi ils manipuleront l'opinion publique pour convaincre qu'il s'agit d'utiliser la violence contre un mal objectif, qui met tout le monde en danger.

Si nous n'étions pas aveuglés par l'hypocrisie, les choses les plus simples de la vie nous apparaîtraient d’une façon très claire :

Partage ce que tu as avec les autres, n’accumule pas de richesses, ne soit pas superbe, ne vole pas, ne fait pas souffrir, ne tue pas, ne fait pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'ils fassent à toi-même, tout ceci a été dit, non pas il y a dix-huit siècles, mais cinq mille ans, et on ne pourrait pas douter de la vérité de cette loi si l'hypocrisie n'existait pas.

L’unique sens de la vie est de servir l'humanité, en concourant à l'établissement du royaume de Dieu, ce qui ne peut pas se faire si chacun des hommes ne reconnaît pas et ne professe pas la vérité. «Le royaume de Dieu ne viendra pas de manière qu'on puisse l’observer. Et on ne dira pas : le voilà ici, ou le voilà là-bas. Pour le fait que, tout simplement, le Royaume de Dieu est en vous.»

 

 

GANDHI2.jpgM. K. GANDHI

«La non violence est la plus grande force à disposition de l'humanité»

Gandhi naquit en Inde en 1869 et s'établit à Londres en 1888 pour obtenir la maîtrise en Droit. Ses intérêts le portèrent à étudier des textes religieux et il s’approcha aussi de la pensée de Tolstoï, en restant frappé surtout par Le Royaume de Dieu est en vous, qu'il définit comme un des livres capables de transformer immédiatement une personne. Il partit pour l'Union de l’Afrique du Sud en 1893 pour des raisons de travail. Le pouvoir en Afrique du Sud était en main à une minorité de blancs et il y avait un régime d'apartheid absolu qui discriminait non seulement les natifs mais aussi une petite communauté d'Indiens. Et c’est ici que Gandhi, en se heurtant contre la ségrégation raciale et en subissant diverses offenses, commença son activité sociale. Environ 5000 Indiens devaient subir des injustices de tous types: persécutions, taxes exagérées, restrictions des libertés personnelles. Gandhi se plaça comme leader de cette communauté et au début ses luttes se fondaient sur des pétitions, des dénonciations, des publications et des lettres. Mais avec le déroulement et l’envenimement des événements, il mûrit et approfondit ses idées et ses méthodes de lutte.

En 1906 une nouvelle loi obligeait les Asiatiques à se munir de cartes d'identité, à se laisser prendre les empreintes digitales et à se soumettre à une longue série d'humiliations. Gandhi lança une campagne de désobéissance civile, les Indiens refusèrent de se faire enregistrer. Les prisons se remplirent et même Gandhi fit sa première expérience de ceux qu’il appelait les «auberges de Sa Majesté».

En 1913 une grande partie des lois discriminatoires furent abrogées, et Gandhi avait obtenu une première grande victoire, en montrant la grande force de la non-violence. En 1914 il revint en Inde où entre temps il était devenu célèbre.

L’Inde était une colonie anglaise de grande importance. Elle avait été assujettie militairement, politiquement et économiquement. Les anglais exploitaient avec des grands revenus les ressources naturelles de l’Inde, mais le pays restait toujours pauvre. Le mécontent était très diffus et le Congrès indien n’avait aucun type de pouvoir politique.

Grâce au guide de Gandhi le Congrès prit un rôle différent en ce qui sera en suite le processus de l'indépendance indienne: il en fit partie aussi une minorité musulmane, mais surtout, le mouvement d'élite se transforma en mouvement de masse. Les campagnes non-violentes que Gandhi lança (il les appelait Satyagraha, c’est-à-dire force de la vérité) furent appuyées dans tout le pays : désobéissance aux lois injustes, manifestations, mais surtout non-collaboration avec le gouvernement anglais. Les écoles gouvernementales se vidèrent, les conflits étaient résolus hors des tribunaux, ceux qui étaient employés dans les administrations se retirèrent, les produits anglais étaient boycottés.

Les vieux outils indiens pour la filature furent rafraîchis pour la production de vêtements, ainsi, ne les achetant plus des anglais, on pouvait toucher les colonisateurs en ce qui était pour eux le plus important: l’économie.

Pour Gandhi la non-violence : «ne signifie pas soumission docile à la volonté du méchant, mais signifie l'emploi de toutes les forces de l'âme contre la volonté du tyran.

La non-violence n'est pas une justification pour le couard, mais la suprême vertu du courageux. La pratique de la non-violence demande beaucoup plus de courage que la pratique des armes... Aussi la vengeance est un symptôme de faiblesse… Un chien aboie et mord quand il a peur. Un homme qui ne craint personne au monde juge inutile même de se fâcher contre celui qui, en vain, essaye de lui apporter une offense.

Je considère moi-même un soldat, mais un soldat de paix. Je suis conscient de la valeur de la discipline et de la volonté.»

La lutte continua aussi avec le boycottage du sel importé de l'Angleterre : Gandhi enseigna à ses gens à l'extraire de la mer.

Le chemin, de toute façon, ne fut pas linéaire. Il y avait des grandes violences de la part des Anglais qui, dans un tristement célèbre épisode, tirèrent sur la foule paisible et inerte en tuant 400 personnes ; et il y avait des violences aussi de la part des manifestants, ce qui porta Gandhi à suspendre le Satyagraha pour reprendre la lutte successivement.

En général les Anglais répondirent avec une alternance de concessions et de répressions.

Pour Gandhi la non-violence était beaucoup plus qu'une forme de lutte ou d'un moyen pour atteindre un but politique. La non-violence est la lutte contre les injustices, l’affirmation de l'amour vers les autres, la recherche de la Vérité.

«Une longue expérience m'a convaincu qu'il n’y a pas d’autre Dieu que la Vérité… Les petites et fugaces lueurs de Vérité que j'ai été capable de cueillir peuvent difficilement donner l'idée de la splendeur de la vérité, un million de fois plus intense que celle du soleil qu’on voit tous les jours avec nos yeux. En réalité ce que j’ai cueilli est seulement le rayon le plus léger de cet éclat puissant. Mais sur la base de toute mon expérience je peux dire avec certitude : une vision parfaite de la vérité peut dériver seulement d'une complète réalisation de l'Ahimsa, de la non-violence».

Ce chemin difficile porta l'Inde à l'indépendance, à la fin du second conflit mondial. Ce n'était pas l'indépendance dont Gandhi rêvait : le pays se divisa en Pakistan, avec majorité musulmane, et en Union Indienne, à majorité hindoue. Dans cette atmosphère de violence religieuse Gandhi fut tué par un Hindou extrémiste en 1948. Cependant Gandhi avait déjà montré au monde la grande force de l'Ahymsa, la grande force de la lutte non-violente.

 

 

MLK.jpgMARTIN LUTHER KING

«La non collaboration avec le mal est une obligation morale ainsi que la collaboration avec le bien»

M.L.King naquit en 1929 à Atlanta en Géorgie, prit une maîtrise universitaire en Théologie et Philosophie et dans ses études il découvrit aussi Gandhi, en restant frappé et fasciné par l'idée de non-violence. Pasteur baptiste, plus qu'un penseur il fut un grand homme d'action. Son activité sociale se déroula dans les années '50 et '60, dans lesquels dans les démocratiques États-Unis d'Amérique existait un dur régime ségrégationniste qui voyait les noirs vivre aux marges de la société. En tous les lieux publics -moyens de transport compris- les noirs avaient des places "réservées", ils ne jouissaient pas des mêmes droits des blancs, les salaires étaient différents, ils vivaient enveloppés par une atmosphère venimeuse de violence et de discrimination, et surtout relégués en quartiers ghetto.

En 1954 MLK s'établit à Montgomery en Alabama, et ici il commença son activité politique et sociale, comme leader du mouvement de protestation contre la ségrégation raciale dans les moyens de transport de la ville.

L'étincelle de la protestation naquit de l'arrestation d’une femme, Rosa Parks, qui, étant assise dans un autobus en une place réservée aux blancs, refusa de se lever. On prépara et réalisa avec succès un boycottage des moyens de transport.

La protestation dura plus qu'un an et les noirs de Montgomery montrèrent une grande conviction, permanence et maturité, en mettant en pratique les idées de M.L.King : non-violence, ne pas répondre aux provocations. Provocations qui furent de tous types : M.L.King fut arrêté et condamné et subit des menaces et des attentats, des arrestations de masse furent exécutées, des fausses nouvelles furent données par les autorités et par les moyens d’information pour diviser le Mouvement. Celle-ci est la manière avec laquelle nous sortirons de cette obscure nuit d'oppression: faire de cette nation une nation meilleure signifie que nous pouvons nous lever et faire connaître à l'opposition que nous n'accepterons pas l'injustice et l'affronterons avec nos vies. Nous ne nous baisserons jamais au niveau de la violence et de la haine, et arriverons à ce point et serons capables de les convaincre qu'un nouveau monde est en train d'émerger.

Après un an de protestations, la Cour Suprême déclara illégale le ségrégationnisme dans les moyens de transport. Les réactions violentes à la décision de la Cour Suprême furent fortes, entre elles des manifestations du Ku Klux Klan, mais aussi les réponses du Mouvement furent convaincues : «un des mérites les plus importants de la démocratie Américaine est que nous avons le droit de pouvoir protester pour nos droits; celle-ci est une protestation non-violente; nous nous appuyons sur des forces spirituelles et morales, en utilisant la méthode de la résistance passive, et même si nous devons recevoir violence, ne répondons pas avec violence.»

Le mouvement des noirs s’était développé aussi entre les étudiants :non-collaboration, manifestations de protestation, sit-in étaient les méthodes les plus utilisées contre le ségrégationnisme. Un important objectif était d’atteindre le droit réel au vote pour la population de couleur. M.L.King continua à subir une série d'injustices, d'arrestations injustifiés, de menaces et d’attentats.

Finalement on commença à négocier et à atteindre les premiers accords pour abolir le ségrégationnisme. Les luttes se répandirent aussi aux États du nord en culminant en 1964 avec la marche de Washington, où M.L.King tint son fameux discours: «J’ai un rêve».

J’ai un rêve qu’un jour, sur les rouges collines de la Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.

J’ai un rêve qu’un jour, même l’État de Mississippi, un état étouffé par la chaleur de l’injustice, étouffé par la chaleur de l’oppression, sera transformé en une oasis de liberté et de justice.

J’ai un rêve que mes quatre enfants habiteront un jour une nation où ils ne seront pas jugés par la couleur de leur peau, mais par les qualités de leur caractère.

J’ai un rêve, aujourd’hui.

Dans les années suivantes, avec la permanence des luttes, s'envenima aussi la réaction des ségrégationnistes, et divers représentants du Mouvement non-violent furent tués. Martin Luther King comprit en profondeur de plus en plus que sa lutte n'était pas seulement celle des noirs en Amérique, mais concernait tout le genre humain. Ainsi il comprit que la violence était à rechercher en sein de la société même, de ses règles, de sa philosophie.

Cette profondeur le poussa à prendre position contre la guerre au Vietnam, en recevant les critiques de ce monde démocrate et chrétien qui, petit à petit, était en train de l'accepter et de le reconnaître comme interlocuteur.

«Dieu n'est pas intéressé tout simplement à la liberté des hommes noirs, des hommes marrons et des hommes jaunes, Dieu est intéressé à la liberté de toute la race humaine et à la création d'une société où tous les êtres humains vivront ensemble comme frères, où il n’y aura pas besoin de haine ni de violence, celle-ci est une autre manière, une manière moderne comme celle de Gandhi qui nous dit que la non-coopération avec le mal est une obligation morale ainsi que la collaboration avec le bien, celle-ci est une autre manière.»

M.L. King mourut assassiné le 4 avril 1968 à Memphis, au Tennessee, mais plus rien n’aurait pu arrêter tout ce qu’il avait mis en marche. La veille il tint un discours :

«Comme tous, je voudrais vivre une longue vie : la longévité a son importance. Mais maintenant je ne me préoccupe pas de cela. Je veux faire seulement la volonté de Dieu. Et Il m'a permis de monter sur la montagne. Et de là, j'ai donné un coup d’oeil. Et j'ai vu la terre promise. Peut-être je n'arriverai pas là avec vous. Mais je veux que cette nuit vous sachiez que nous, en tant que peuple, atteindrons la terre promise. Et je suis heureux, cette nuit. Rien ne m'effraie. Je n'ai peur d'aucun homme. Mes yeux ont vu la Gloire de l’Avent du Seigneur.»

 

 

SILO8.jpgSILO

«Aime la réalité que tu construis et pas même la mort n’arrêtera ton vol !»

Silo, pseudonyme littéraire de Mario Rodriguez Cobos, naquit en 1938 à Mendoza en Argentine, où il vit actuellement.

Les premières tentatives de rendre publiques ses idées furent réprimées par le sanglant régime militaire qui, dans les années '60, s'imposa en Argentine. Silo et quelques jeunes qui diffusaient ses idées furent arrêtés et persécutés.

Seulement le 4 mai 1969 un discours public fut possible, mais à 3000 mètres d'altitude sur le mont Aconcagua, entouré par des véhicules militaires et des mitrailleuses.

«Lorsque je parle de violence, ne crois pas que je me réfère uniquement à la guerre et aux armes avec lesquelles les hommes détruisent d’autres hommes ; ceci est une forme de violence physique. Mais il y a aussi une violence économique qui te fait exploiter l’autre : elle apparaît quand tu voles l’autre, quand tu n’es plus son frère, mais plutôt un rapace pour lui. Il y a aussi une violence raciale : crois-tu ne pas l’exercer quand tu persécutes quelqu’un d’une race différente de la tienne ? Crois-tu ne pas l’exercer quand tu le diffames car il est d’une race différente de la tienne ? Il y a une violence religieuse…»

Malgré la répression et le silence des moyens d’information, la pensée de Silo se répandit de l’Amérique Latine au reste de la planète. En rencontres et conférences, tenues en divers pays et continents, il expliqua ses idées publiquement.

Beaucoup de jeunes restèrent enthousiastes de ses propositions, et lentement un courant de pensée et d'action commença à se développer, connu comme Mouvement Humaniste.

Notre morale est fondée sur ce principe : traite les autres comme tu veux qu’ils te traitent.

La philosophie de Silo a été définie Humanisme Universaliste ou Nouvel Humanisme. En effet ses propositions ne s'adressent pas aux conflits et aux injustices vécues par une culture particulière, mais à la planète entière, où les gens de toutes les latitudes souffrent à cause de la violence exercée par une minorité qui domine et impose son modèle inhumain.

La globalisation n'est que l'extension de l'influence de l'empire américain, qui impose ses modèles jour après jour

… au contraire les diversités sont très importantes, sont la richesse de l'humanité

…et doivent converger vers une nation humaine universelle.

Humanisme, puisque la préoccupation centrale de sa pensée est la vie humaine, l'être humain concret et réel.

«Tout être humain a le droit de s'interroger sur le sens de la vie, sur l'amour, sur l'amitié… sur tout ce qui concerne la poésie et la grandeur de l'existence humaine et qu'une stupide et petite culture matérialiste essaie de dénigrer, entraînant tout vers des anti-valeurs et vers la désintégration.»

Dans les années ‘90, le Mouvement Humaniste atteint un plein développement et aujourd'hui lutte pour la défense réelle des droits humains dans le champ social, politique et culturel, en différentes régions de la planète.

«Ces propositions de considérer l'être humain en tant que valeur centrale, de favoriser l'égalité des chances pour tous, de reconnaître la diversité en s'opposant à toute discrimination, de favoriser la liberté de penser et de lutter contre toute forme de violence, caractérise notre pensée et notre action dans les aspects les plus généraux. En même temps ces propositions finissent par former un style de vie et un mode de relations de la plus haute valeur morale, pouvant s'exprimer dans la phrase : «traite les autres comme tu veux qu'ils te traitent !»

Sa production littéraire est intense : nombreux sont les livres où on peut trouver l’exposition de ses idées.

En 1999, dans le même lieu où il avait prononcé son premier discours 30 ans avant, il déclare l’échec des idéaux du Nouvel Humanisme qui ne se sont pas réalisés.

"Si aujourd'hui nous avons à déclarer notre échec, nous devons aussi annoncer qu'une nouvelle civilisation est en train de naître, la première civilisation planétaire de l'histoire humaine."

Cinq ans après, à l'occasion de la première célébration du Message de Silo, il clarifie : "Nous avons échoué… mais nous insistons ! Nous avons échoué mais nous insistons dans notre projet d’humanisation du monde… Nous avons échoué et nous continuerons d’échouer encore mille et une fois car nous chevauchons les ailes d’un oiseau appelé «tentative» qui vole par dessus les frustrations, les faiblesses et les petitesses... C’est la tentative qui vaut la peine de vivre car elle est la continuité des meilleures aspirations des gens de bonté qui nous ont précédés. C’est la tentative qui vaut la peine de vivre car elle est le précédent des futures générations qui transformeront le monde."

Dans un monde où le manque de perspectives pour l'avenir asphyxient le présent, Silo expose ses analyses et ses propositions avec clarté :

Dans ce monde malheureux où la force et l’injustice s’emparent des villes et des campagnes, comment pense-t-on en finir avec la violence ?

"Peut être croient-ils être un exemple inspirateur pour les nouvelles générations quand, déguisés en jeux vidéo ils déblatèrent sur le monde, quand ils menacent dans la pire démonstration de tyrannie, quand, finalement, ils envoient leurs gamins envahir, tuer et mourir sur des terres lointaines. Cela n’est pas un bon chemin, ni un bon exemple.… nous travaillerons à partir de maintenant partout dans le monde pour faire pression sur ceux qui décident, pour diffuser les idéaux de paix, sur la base de la méthodologie de la non-violence, pour préparer le chemin des temps nouveaux. Oui, ça vaut la peine que ce Message et cet Humanisme Universaliste gagnent en force."

Le Message de Silo inspire une profonde spiritualité :

"Finalement, mes amis, je veux partager avec vous tous cette certitude profonde qui dit : «le Sacré est en nous et rien de mal ne peut arriver dans cette quête profonde de l’Innommable». Je crois que quelque chose de très bon arrivera quand les êtres humains trouveront le Sens tant de fois perdu et tant de fois retrouvé dans les tournants de l’Histoire.

Je voudrais, mes amis, que l’on entende le Message du Profond. Ce n’est pas un Message strident, c’est un message très tranquille que l’on ne peut entendre quand on veut l’attraper.

Je voudrais, mes amis, transmettre la certitude de l’immortalité. Mais, comment le mortel pourrait-il générer quelque chose d’immortel ? Peut être devrions-nous nous interroger sur comment il est possible que l’immortel génère l’illusion de la mortalité..."

Aujourd’hui c’est difficile de prévoir le développement futur du Message de Silo...

 

CONCLUSION

Dans l'histoire existent beaucoup de personnes qui donnent Espoir à l'humanité, toujours en indiquant la non-violence comme le chemin à suivre. Elles montrent aussi que le vrai pouvoir réside dans les gens, quand elles luttent avec unité, solidarité et décision pour un monde meilleur.

Elles montrent aussi qu’en chacun de nous on trouve la Bonté, la Force et la Sagesse, les seules choses dont on a réellement besoin.

Notre avenir dépend des choix que nous faisons aujourd'hui.

15/03/2010

LA CRISE EST VRAIMENT DANS NOS COEURS - PIERRE RABHI

Vers la sobriété heureuse
http://www.dailymotion.com/video/xa0elk_vers-la-sobriete-heureuse_news

Voir les points abordés sur cette page
http://www.colibris-lemouvement.org/index.php/TH/Comprendre/node_1698

"Au-delà de la crise écologique, il y a la crise de la relation humaine ... le crise est vraiment dans nos cœurs ... "
Pierre Rabhi

QU'EST-CE QUE LA NON-VIOLENCE ? PAR LE DR HY

 

Par le Dr Trinh Dinh Hy

La non-violence peut revêtir deux significations :

1. L’abstention de toute violence, dans quelque domaine que ce soit.

2. Le principe de conduite en vertu duquel on renonce à la violence comme moyen d’action politique.

GANDHI.jpgLe principe de non-violence est appelé en Inde a-himsa (privatif de himsa = nuire, endommager), mot qui peut ainsi avoir une traduction courante : non-violence, ou une traduction technique : non-nuisance.

En dépit des entorses dans la pratique quotidienne, ahimsa reste une des valeurs fondamentales de la civilisation indienne.

Dans le Bouddhisme, elle revêt une importance capitale, car la première observance des cinq règles morales (sila, gio’i) du pratiquant bouddhiste est de "s’abstenir de tuer, d’attenter à la vie (avihimsa, không giê’t ha.i)". Cette règle est fondée sur la croyance au cycle de renaissances (samsara, luaân hoài), à l’idée que tous les êtres sont à la fois interdépendants par la loi de la production conditionnée (pratitya-samutpada, ly’ duyen khoi) et des manifestations de la Vacuité (sunyata, Khoâng). Ce sont aussi les vertus cardinales bouddhiques de l’amour universel et la compassion (maitri, karuna, tu` bi), qui incitent naturellement au respect de la vie.

Dans le Jaïnisme, l’ahimsa est poussé jusqu’à l’extrême. Le premier grand voeu de l’adepte Jaïn est de renoncer solennellement à léser ou endommager la moindre parcelle de vie (jiva), si humble soit-elle. Ainsi voit-on encore en Inde des adeptes Jaïn balayer devant leur passage pour ne pas écraser des insectes en marchant, porter des masques pour ne pas les inhaler, boire de l’eau sans le bouillir pour ne pas tuer les micro-organismes...

Malgré ce côté excessif, il faut reconnaître que, comme beaucoup de termes privatifs en sanskrit, ahimsa peut avoir des implications positives dans divers aspects de la vie.

Ahimsa ne signifie pas seulement la non-nuisance, mais encore le respect de toutes les formes de vie, la bienveillance, la compassion envers tous les êtres vivants. "L’ahimsa n’est pas la chose simple et grossière qu’on a dépeinte. Ne faire de mal à aucun être vivant est sans doute une partie de l’ahimsa, mais ce n’en est que le plus petit aspect. Le principe de l’ahimsa est enfreint par toute pensée mauvaise, par toute hâte injustifiée, par la haine, le mensonge, le fait de souhaiter du mal à quiconque. On le viole également lorsque l’on retient pour soi ce dont le monde a besoin" (LA).

C’est peut-être justement cet esprit qui nous manque actuellement, dans cette société post-industrielle où seule compte la productivité immédiate pour l’homme, au dépens des autres êtres vivants, de la nature, de la planète Terre elle-même...

Quand l’homme moderne prendra t-il enfin conscience que ne pas nuire aux autres, c’est aussi ne pas nuire à soi-même ?

En fait, le principe de non-violence n’est pas l’apannage de l’Inde. Prêché et appliqué dès l’antiquité par de grand sages comme le Bouddha, Mo-tseu, Jésus-Christ, et certains stoïciens, il a été systématisé par Gandhi au XXè siècle, en vue d’objectifs politiques et sociaux (l’indépendance de l’Inde, l’abolition des castes, la réconciliation hindoue-musulmane), et ainsi devenu un instrument de combat d’une redoutable efficacité.

Plus tard, des luttes, comme pour l’indépendance de l’Irlande, l’égalité raciale des noirs aux USA (conduite par le pasteur Martin Luther King, lui aussi assassiné comme Gandhi par un extrêmiste), contre la misère en Sicile, contre la guerre d’Algérie en France, contre l’apartheid en Afrique du Sud, contre l’occupation du Tibet, contre l’oppression religieuse en général, se sont inspirées de ce principe de non-violence.

C’est en quelque sorte la "force du faible", l’ultime recours devant un combat à armes inégales. En subissant la violence et en refusant d’y répondre, on brise cet enchaînement de violence, en le faisant comprendre à son adversaire et à l’opinion publique. Le scandale de l’oppression, de l’injustice ainsi dévoilé, touche les coeurs, ouvre les yeux, réveille la conscience morale de l’adversaire ainsi que de l’opinion publique, qui à son tour fait pression sur celui-ci. Finalement, ne pouvant plus persister dans la voie de la violence, l’adversaire se résoud à admettre son erreur et baisse les armes, dans une sorte de conversion à la paix, et non pas avec un esprit de défaite et de revanche.

La non-violence n’a rien d’une passivité, d’une résignation, encore moins d’une lâcheté. "La non-violence, disait Gandhi, ne consiste pas à ’s’abstenir de tout combat réel, face à la méchanceté’. Au contraire, c’est une forme de lutte plus énergique et plus authentique que la simple loi du talion, qui aboutit à multiplier par deux la méchanceté "(THF)... "Je n’hésite pas à dire que là où existe seulement le choix entre la lâcheté et la violence, il faut se décider pour la solution violente" (THF).

La non-violence est au contraire souvent un acte héroïque et exige une grande maîtrise de soi, une grande force d’âme.

"Pour devenir une force réelle, la non-violence doit commencer avec l’esprit. La non-violence qui n’embrasse que le corps, et dans laquelle l’esprit ne collabore pas, est celle du faible et du lâche ; il ne peut en sortir aucune puissance" (YI.2).

Alors que "la violence ne libère pas de la peur, mais cherche à combattre les causes de la peur, la non-violence au contraire est exempte de toute peur" (THF)... "La non-violence a pour condition préalable le pouvoir de frapper. C’est un refrènement conscient et délibéré du désir de vengeance que l’on ressent. La vengeance est toujours supérieure à la soumission passive, impuissante, mais la vengeance est aussi faiblesse" (YI.1).

Les moyens qu’utilise la lutte non-violente, comme la résistance passive, la désobéissance civile, la non-coopération, la grève générale, les marches symboliques (comme la "Marche du Sel") exercent certes une forte pression, mais une pression d’ordre moral. "La résistance passive est une méthode qui consiste à protéger ses droits par l’acceptation de la souffrance ; c’est le contraire de la résistance par les armes. Lorsque je refuse de faire quelque chose parce que cela répugne à ma conscience, je fais usage de la force de l’âme" (HS)...

Ainsi, la non-violence est une arme humaine par excellence, car elle rend plus humains ceux qui l’utilisent et ceux qui la subissent.

Elle n’est cependant utilisable que pour servir une bonne cause, une cause généreuse, désintéressée. Comme le disait Gandhi, "Je peux jeûner contre mon père pour le guérir d’un vice, mais pas pour obtenir de lui un héritage".

Elle s’appuie avant tout sur ce que tous les sages n’ont cessé de tenir comme but, satyagraha (la force de la Vérité).

Car comme le disait Vinoba Bhave, disciple de Gandhi et ardent défenseur des pauvres, "Le champ de bataille de la non-violence, c’est le coeur de l’homme".

Citons encore pour finir Gandhi, l’apôtre du XXè siècle de la non-violence, celui qui a su par la force de son âme libérer un grand peuple, sans l’entraîner dans un océan de larmes et de sang :

"La non-violence est la plus grande force que l’humanité a à sa disposition. Elle est plus puissante que l’arme la plus destructrice inventée par l’homme. La destruction ne correspond nullement à la loi des hommes. Vivre libre c’est être prêt à mourir, s’il le faut, de la main de son prochain, mais jamais à le tuer. Quelle qu’en soit la raison, tout meurtre ou autre atteinte à la personne est un crime contre l’humanité " (MM).

Citations de Gandhi :

(HS) Leur civilisation et notre délivrance (Hind Swaraj, or Indian Home Rule, 1938)

(LA) Lettres à l’Ashram (From Yeravda Mandir, 1937)

(MM) The Mind of Mahatma Gandhi, 1945

(THF) Tous les hommes sont frères (All Men are Brothers, 1958)

(YI.1) Young India, 12 Août 1926

(YI.2) Young India, 2 Avril 1931