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02/04/2010

TEMOIGNAGE DE M. SUMETERU SURVIVANT DE NAGASAKI

LES ETRES HUMAINS NE PEUVENT PAS COEXISTER AVEC LES ARMES NUCLEAIRES

TANIGUSHI Sumiteru
Confédération Japonaise des Organisations de Victimes des Bombes A et H (Nihon Hidankyo)

Voici le témoignage de M. Tanigushi Sumiteru - témoignage très émouvant d'un survivant de Nagasaki - qui se rendra à New York le 05 MAI 2010 pour parler devant les délégués à l'ONU du TNP (Traité de Non-Prolifération des armes nucléaires).

Monsieur le Président, Messieurs les délégués et chers amis,

TAMAGUSHI SIMETERU.jpgJe suis Tanigushi Sumiteru, un Hibakusha* de Nagasaki. Merci beaucoup de me faire l’honneur de pouvoir parler devant vous de la part des 230.000 survivants de la bombe A, et des ONG pacifistes du monde.

En 1945 j’avais 16 ans. Le matin du 9 Août, j’étais en bicyclette à 1,8 km au nord de ce qui allait devenir l’épicentre de l’explosion de la bombe atomique. Quand la bombe a explosé, j’ai été brûlé sur tout le dos par les intenses rayons de chaleur de 3.000 à 4.000 degrés Celsius, et j’ai aussi été exposé à une radiation invisible. Le moment suivant j’ai été projeté avec ma bicyclette sur environ 4 mètres, et écrasé au sol par le souffle de la bombe.

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28/03/2010

POURQUOI TANT DE MEPRIS ?


Socrate, Jesus, Bouddha - Frédérick Lenoir

"Il faut vaincre l'ignorance... Socrate, Jésus, Bouddha, sont pour moi les fondateurs d'un Humanisme Spirituel"


http://www.fredericlenoir.com/web/content/view/211/65/lan...

FLENOIR.jpgIl y a moins de points communs que l'on ne s'imagine entre les diverses religions du monde. Il y a surtout la fameuse règle d'or, déclinée de mille manières : ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'on te fasse. Il en est un autre, en contradiction flagrante avec ce principe, qui surprend par son ancienneté, sa permanence et sa quasi-universalité : le mépris de la femme. Comme si la femme était un être humain potentiel ou raté, assurément inférieur au sexe masculin.

Les éléments historiques et textuels que nous apportons dans le dossier de ce numéro pour étayer ce triste constat sont par trop éloquents. Pourquoi un tel mépris ? Les motifs psychologiques sont sans doute déterminants. Comme le rappelle Michel Cazenave à la suite des pionniers de la psychanalyse, l'homme est à la fois jaloux de la jouissance féminine et effrayé par son propre désir de la femme. La sexualité est sans doute au cœur du problème, et les mâles islamiques qui ne tolèrent les femmes que voilées n'ont rien à envier aux Pères de l'Eglise, qui ne voyaient dans la femme qu'une tentatrice en puissance.

Il existe aussi des raisons socio-historiques à cet abaissement de la femme dans presque toutes les cultures, un abaissement auquel les religions ont contribué de manière déterminante. Le culte très ancien de la « grande déesse » témoigne d'une valorisation du principe féminin. Les chamanes des religions premières de l'humanité sont de sexe masculin ou féminin, à l'image des esprits qu'ils vénèrent, comme en témoignent les sociétés orales qui ont survécu jusqu'à nos jours. Mais il y a quelques millénaires, lorsque les cités se sont développées et que les premiers royaumes se sont constitués, la nécessité d'une organisation sociale s'est fait sentir et une administration politique et religieuse est apparue. Or ce sont les hommes qui se sont attribués les rôles de gouvernement. Les prêtres chargés d'administrer les cultes se sont empressés de masculiniser le panthéon, et les dieux mâles, à l'image de ce qui se passait sur terre, ont pris le pouvoir au ciel. Les monothéismes n'ont, à leur tour, fait que reproduire et parfois même amplifier ce schéma polythéiste en donnant au dieu unique un visage exclusivement masculin.

Grand paradoxe des religions depuis des millénaires : si méprisée, la femme en est souvent le véritable cœur ; elle prie, transmet, compatit aux souffrances d'autrui. Aujourd'hui, les mentalités évoluent grâce à la sécularisation des sociétés modernes et à l'émancipation des femmes qu'elle a favorisée. Malheureusement, certaines pratiques terrifiantes - ces quinze adolescentes afghanes récemment aspergées d'acide tandis qu'elles se rendaient à leur école de Kandahar - ainsi que des propos d'un autre âge - comme ceux prononcés par l'archevêque de Paris : «II ne suffit pas d'avoir des jupes, encore faut-il avoir des choses dans la tête» - montrent que beaucoup de chemin reste à parcourir pour que les traditions religieuses reconnaissent enfin la femme comme l'égale de l'homme, et gomment de leurs doctrines et de leurs pratiques ces traces séculaires de misogynie.

Frédéric Lenoir

ABUISSET.jpgAriane Buisset : "l'évolution harmonieuse des rapports entre lesABUISSET2.jpg sexes ne pourra pas s'appuyer sur les institutions religieuses. Elle devra s'inspirer de l'expérience spirituelle, car c'est la seule qui ouvre à cette dimension d'amour et d'intelligence qu'on ne saurait représenter, et qui permette aux deux sexes de dépasser les conventions du "féminin" et du "masculin", pour devenir des êtres humains à part entière et témoigner du divin."

 

Interview sur Europe 1 de Frédéric Lenoir
et Ariane Buisset par Michel Drucker


Michel Drucker : Frédéric Lenoir, vous avez parlez des mâles, des dieux mâles qui dirigent, qui ordonnent. C’est l’époque où on masculinise les dieux, on peut donc parler de misogynie ?

Frédéric Lenoir : Oui c’est la naissance de la misogynie, on va donc considérer que la femme est inférieure à l’homme.

MD : On resitue l’époque.

FN : Tout cela se passe au moment où se développent des royaumes, grosso modo c’est au cours du 3e millénaires avant J.C., vers 2500 ans avant J.C., apparaissent les premiers grands royaumes, en Mésopotamie notamment.


MD : Dans la première grande ville connue : Heridou en basse-mésopotamie. Aujourd’hui c’est l’Irak.

FN : Exactement c’est l’actuel Irak. On a les premières grandes civilisations de l’humanité, mais il y a en Chine et aussi en Egypte, des civilisations à peu près contemporaines qui sont très anciennes où on voit se développer des royaumes, des administrations, des clergés.

MD : C’est le clergé qui est à l’origine de la misogynie ?

FN : C’est la thèse que je défends. Après c’est une hypothèse mais elle est quand même bien étayée. Effectivement je pense que le clergé est à l’origine de la misogynie et qu’ensuite c’est un cercle vicieux. Puisqu’on fait de Dieu un dieu mâle, cela légitime la supériorité de l’homme sur la femme et donc on n’en sort pas.

MD : Alors on va avoir en ligne maintenant quelqu’un que vous connaissez bien, qui va nous éclairer sur les religions et les femmes, c’est Ariane Buisset qui est enseignante de philosophie comparée à l’école Van Lysbeth à Paris. Elle vient de publier «Les religions face aux femmes» aux ed. Acarias. C’est vous d’ailleurs qui avez préfacé son ouvrage.
Je crois qu’elle est en ligne.

MD : Bonjour Ariane Buisset. Merci d’être là. Alors première question «Pourquoi les religions sont-elles misogynes ?»

Ariane Buisset : En fait comme l’a dit Frédéric Lenoir, c’est qu’à partir d’une époque où on n’a plus que des dieux masculins - d’ailleurs on le voit très bien lorsqu’on prend les 3 religions du Livre c’est-à-dire le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam - bien qu’on ne soit pas censé donner de représentation de ces dieux qui sont censés n’avoir aucune image, chaque fois que l’on parle d’eux c’est toujours au masculin, on dit «il», on dit «Dieu le Père», donc on est dans une sorte de schizophrénie. On prétend qu’il n’y a pas d’image mais en fait il y en a une et c’est une image masculine.

MD : Vous écrivez «on considère que la femme a un corps souillé»

AB : Oui toutes ces religions considèrent que la femme est inférieure à la fois sur le plan physique et sur le plan moral. Elle est inférieure sur le plan physique dans la mesure où – comme on prend l’homme comme norme – la femme a des règles, donc on va considérer quasiment que le sang des règles est empoisonné et que si un homme touche ce sang il va quasiment mourir, alors on va mettre la femme à part, on va l’exclure.
On va considérer pareillement que le sang de la naissance est lui aussi un sang très dangereux donc qui nécessite que la femme se purifie après la naissance. Elle va donner des offrandes au Temple. On le voit même dans le Christianisme quand Marie se rend au Temple puisqu’elle est d’origine Juive. Elle se rend au Temple après la naissance de Jésus, non pas du tout comme se l’imagine la majorité des Chrétiens, pour montrer au Temple le beau bébé qu’elle a eu, mais en fait pour se purifier elle-même et avoir le droit de re-participer aux rituels.

MD : Vous dites «Le sang féminin c’est toujours une souillure alors que le sang de la guerre c’est toujours glorieux».

AB : Oui et donc là on est dans quelque chose d’assez épouvantable parce qu’on voit dans tous ces textes sacrés, que tout ce qui fait partie du corps de la femme est considéré comme malsain ou même dangereux…

MD : Vous dites même que la femme est considérée comme un récipient.

AB : Voilà. Au niveau de la naissance on va considérer qu’elle ne fait rien alors que l’homme lui met la semence à l’intérieur de la femme, donc comme une semence que l’on mettrait dans la terre et la femme n’est qu’une sorte de vase, un récipient passif, et comme elle est passive, la gloire de la naissance revient à l’homme.
Elle, tout simplement elle est abaissée à des tâches serviles et elle ne peut tirer aucune gloire de la naissance. Alors que d’une certaine manière le territoire de la naissance aurait pu être le champ de gloire de la femme, cela devient le lieu de son asservissement, le lieu de sa souillure.

MD : Alors l’enfant est à l’image de l’homme. Vous dites «un enfant de sexe féminin c’est un raté».

AB : Oui. Dans ce type de raisonnement, on considère que comme la femme n’est qu’une sorte de four incubateur, si elle a bien fait son devoir, des enfants mâles naissent, mais s’il y a eu des ratés dans la cuisson, finalement ce sont des filles. Donc les filles sont des hommes ratés et en tant que telles elles auront évidemment beaucoup moins de droits que leurs frères, évidemment si on les laisse même vivre.

MD : C’est effrayant ce que vous écrivez. Vous écrivez «La femme est considérée comme un vase inerte, alors que la maternité est la seule dimension où la femme aurait pu avoir une supériorité».

AB : Oui. Elle a une supériorité éclatante et on lui arrache cela. On considère que le simple fait d’éjaculer est quelque chose d’absolument extraordinaire, mais par contre la gestation, l’accouchement, l’allaitement, tout cela ce n’est rien, n’a aucune valeur, c’est de la passivité voilà tout.

MD : Vous dites «Les pères de l’église diront que les femmes ne peuvent pas devenir prêtre parce qu’elles sont impures».

AB : Oui. Pas seulement les pères de l’église. Malheureusement, on va retrouver cela dans le Judaïsme, dans l’Islam. Donc on prend appui sur une norme masculine pour définir que le corps féminin est déficient et à partir de ce corps déficient on lui enlève tous les droits au niveau liturgique, au niveau de participation à la vie politique, et on la déchoit de nombreux droits au niveau de la loi. Donc c’est une très très longue histoire et une histoire très douloureuse.



Le Christ Philosophe, Frederic Lenoir - 1 de 2

Le Christ Philosophe, Frederic Lenoir - 2 de 2

09/03/2010

LA DOMINATION MASCULINE PAR PATRIC JEAN

Patric Jean :
"Je suis un pro-féministe radical"

RADICAL : du latin radicalis, dérivé de radix (racine)

patric jean domination masculine.jpg 

Le féminisme et le pro-féminisme radicaux le sont dans le sens du mot latin qui renvoie à la racine. Cela signifie que l’idée n’est pas de trouver des solutions qui, en surface, vont aplanir les choses, mais de prendre le mal à la racine.

http://www.ladominationmasculine.net/petition-des-hommes.html


Source : http://www.iletaitunefoislecinema.com/entretien/3288/patr...

Article de Pamela Messi

Dans un documentaire intelligemment militant, le réalisateur belge s’interroge sur les racines de l’inégalité des sexes qui structure les sociétés occidentales.


« Vous avez-dit égalité ? », interroge Patric Jean sur l’affiche de son nouveau film, "La Domination masculine", un documentaire intelligemment militant. Education, politique, publicité, jeux de séduction… Le réalisateur belge explore tous les lieux d’exercice possibles de cette domination ancestrale, en s’arrêtant plus particulièrement sur le cas (éclairant) du Québec.

Une preuve que le propos est juste ? Il a fait sortir de leurs gonds les hommes les plus misogynes – ceux pour qui « le féminisme est un crime contre l’humanité » – qui inondent la blogosphère de commentaires haineux. Face aux incitations à la violence et aux menaces dont il a fait l’objet, Patric Jean a même dû récemment renoncer à un voyage à Montréal. «Je veux que les spectateurs se disputent en sortant de la salle», annonçait-il – sur le ton de l’humour – dans le dossier de presse du film. C’est réussi. Rencontre avec un homme qui se définit comme un «pro-féministe radical».



Ce titre, La Domination masculine, c’est un hommage à Bourdieu?

Patric Jean : Rien à voir. «La domination masculine», c’est une expression très ancienne dans la littérature. Je voulais parler exactement de ce sujet là : pas des combats des femmes mais de ce qu'est la domination masculine aujourd’hui en Occident. Le titre m’a donc sauté aux yeux.



Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à ce sujet?

J’ai choisi de travailler sur ce sujet pour des raisons politiques. De la même manière que je fais des films sur les pauvres parce qu’il y a des pauvres, j’ai eu envie de faire un film sur la domination masculine parce que nous vivons dans une société patriarcale où les femmes ne peuvent pas occuper la même place que les hommes. Or, si tout le monde est conscient de l’existence de la pauvreté dans le monde et donc de la nécessité de faire des films sur ce thème, la question du rapport entre hommes et femmes et de l’injustice de genre ne saute pas aux yeux. Dans l’idéal, ma démarche ne devrait donc surprendre personne.



Pourquoi avoir consacré une grande partie du film au Québec?

Parce qu’en matière de relations hommes-femmes, c’est une société qui a vingt ans d’avance sur la Belgique et la France où se déroule le reste du film. Il y a eu des combats de femmes et des raisons politiques et historiques complexes qui ont fait que c’est une société déjà beaucoup plus égalitaire que la nôtre. L’égalité n’est pas parfaite, mais c’est déjà un grand pas en avant. Sur la question de la violence conjugale par exemple, le Québec a clairement vingt ans d’avance, au moins. Mais ça c’est le côté positif. Le revers de la médaille, c’est que cette avance entraîne ce qu’on appelle le «ressac» ou «backlash» : le système réagit et on observe un contre-mouvement émancipatoire de la part d’hommes qui ne veulent pas perdre leurs privilèges et qui s’organisent pour que les femmes progressent le moins vite possible, voire qu’elles régressent.



Est-ce le début d’une guerre des sexes?

Pas d’une guerre des sexes mais d’une guerre politique. Côté féministe, vous avez évidemment une majorité de femmes mais aussi quelques hommes. Et du côté du backlash, vous avez une large majorité d’hommes, mais également une association de femmes qui militent pour que les femmes retournent à leurs casseroles et que les hommes gardent le pouvoir. La question est donc clairement politique : il s’agit de décider si on va continuer à progresser en essayant d’aller vers plus de justice et d’équité ou si l’on reste dans une société archaïque où les femmes font la popote pendant que les hommes partent à la chasse. Je caricature à peine…



Au cours du tournage, avez-vous eu des surprises?

Ma grande surprise a été de voir à quel point les femmes victimes de violences conjugales racontent toutes exactement la même histoire. Et ce, dans tous les pays où j’en ai rencontrées. Comme si elles s’étaient téléphonées pour se donner le mot. Même les mots qu’elles emploient pour décrire leur ressenti sont souvent les mêmes. Ce phénomène de violences conjugales n’est pas une suite d’histoires personnelles particulières, c’est un phénomène social. La preuve : ça se reproduit toujours de la même manière et dans toutes les classes sociales. Ça commence toujours par une forme de violence psychologique, par la dévalorisation de l’autre, par l’insulte. Et puis les coups arrivent…



Vous parlez peu de religion alors qu’habituellement, le sujet est mis sur le tapis dès que l’on aborde la place de la femme dans la société. Pourquoi?

Effectivement, quand on parle des femmes, la question de la religion revient sans cesse, parce qu’on parle de l’Islam et qu’on veut toujours nous expliquer que le musulman est un méchant macho qui bat sa femme. Ce faisant, on oublie que toutes les 55 heures, en France, un homme tue sa femme. Or, ils ne sont pas tous musulmans. Certains le sont peut-être, mais ils ne sont pas surreprésentés. Par ailleurs, toutes les classes sociales sont concernées : des médecins, des avocats... Il y a peu de temps, c’est un député qui a tué sa maîtresse. J’ai pensé à parler de religion, mais j’aurais dans ce cas parlé des trois religions et pas seulement de l’Islam, évidemment. Car la question de la femme dans la chrétienté et dans le judaïsme n’est pas abordée de façon plus brillante.



Comment votre mise en scène, très sobre, devait-elle servir votre propos?

C’est mon style : j’aime travailler sur le silence. Sur ce film en particulier, je souhaitais fournir au spectateur une matière brute. Lui livrer des faits et voir ce qu’il en tire plutôt que lui tenir la main avec un commentaire.



Tout le film est ponctué de scènes où vous recouvrez un mur d’images de symboles phalliques. Que cherchiez-vous à montrer?

C’est un côté un peu ridicule très masculin et qui me faisait plutôt rire : il semble que dans toutes les cultures, consciemment et inconsciemment, nous les hommes, nous ressentions ce besoin de réaffirmer notre pouvoir sur la société à travers des symboles et, notamment, le symbole phallique. Quand on regarde bien, il y en a absolument partout. Les plots anti-stationnement par exemple, correspondent exactement à la manière dont un enfant dessinerait un sexe en érection. J’ai beaucoup ri il y a quelques années à Bruxelles quand la ville a installé de nouveaux plots, dans une belle pierre de taille. Leur forme était rectangulaire – on ne pouvait donc pas y voir un symbole phallique – mais, à la base, ils avaient ajouté deux boules. J’aurais rêvé d’assister à la réunion chez le maire, d’écouter les gens discuter pour savoir si leur choix était conscient ou inconscient, s’ils avaient trouvé ça très drôle ou si personne ne s’était posé de question.

 

Vous avez participé à des débats à l’issue des projections en avant-premières de votre film. Les gens se sont-ils disputés autant que vous le souhaitiez?

Quand j’ai dit que je voulais qu’on se dispute à la fin du film, c’était évidemment une boutade. Mais j’ai tout de même entendu des couples ou même des hommes ou des femmes entre eux, discuter ferme. Plusieurs femmes ont pris la parole dans la salle, très émues. Elles avaient l’impression que le film parlait d’elles. J’ai également reçu une tonne de messages d’insultes anonymes écrits par des hommes beaucoup moins courageux. Pour vous donner une idée, je vous conseille de lire les commentaires sur les blogs et sites internet qui parlent du film. C’est affolant… A la fin du documentaire, je filme des masculinistes. On me demande souvent combien ils sont : dix ? Douze ? Eh bien non, ils sont des millions car leur idéologie est toujours dominante. Tendez l’oreille au coin de la rue ou dans le métro et vous entendrez des hommes discourir et lancer des généralités sur «les nanas», «les gonzesses», «les bonnes femmes»… Toujours ce même vieux discours misogyne. La différence avec les masculinistes, c’est que ces derniers théorisent leurs propos et en font un combat politique. Mais quand on voit combien d’hommes bavent de colère à l’idée même qu’on puisse faire un film dénonçant la domination masculine, on voit combien les idées masculinistes sont présentes dans notre société.



Comment vous situez-vous par rapport au mouvement féministe?

Je me considère comme un pro-féministe radical. Radical ne voulant pas dire extrémiste. On a souvent et volontairement entretenu la confusion. Il existe un féminisme radical et un certain nombre d’hommes ont voulu faire croire que c’était un féminisme extrémiste. Or, on n’a jamais tué au nom du féminisme. Le féminisme et le pro-féminisme radicaux le sont dans le sens du mot latin qui renvoie à la racine. Cela signifie que l’idée n’est pas de trouver des solutions qui, en surface, vont aplanir les choses, mais de prendre le mal à la racine. En se demandant notamment ce que l’on dira aux enfants, dans le cadre de leur éducation, sur ce que c’est qu’être un homme ou une femme. Autrement dit, je suis un pro-féministe radical parce que je m’interroge sur la racine de ce mal qui structure notre société.

Propos recueillis par Pamela Messi

http://www.ladominationmasculine.net/petition-des-hommes.html