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22/05/2008

INTERVIEW DE LUIGI D'ARIA


podcast

Interview de Luigi D'Aria - membre du bureau du Parti Humaniste - réalisé pour l'émission du 21 mai à 12h31 sur radio enghien IDFM, concernant la campagne contre le bouclier spatial en République Tchèque.

RAPPEL

Pour appuyer la campagne en République Tchèque

Rendez-Vous du Samedi 17 au Dimanche 25 Mai
de 11H à 20H

Place de la Fontaine des Innocents
Paris 75001 - Métro Les Halles

20/05/2008

CAMPAGNE CONTRE LE BOUCLIER SPATIAL ET SOUTIEN A LA GREVE DE LA FAIM DE JAN TAMAS

Pour appuyer la campagne en Réplique Tchèque


Du Samedi 17 au Dimanche 25 mai
de 11h à 20h

A Paris : Place de la Fontaine des Innocents 75001
métro Les Halles - de 11h à 20h

Action lancée à Paris et à Toulouse

Pétition en ligne : www.nonviolence.cz


Bouclier Spatial - système NMD - US

http://www.dailymotion.com/video/x57ivk_bouclier-spatial-systeme-nmd-us_news

Lettre de soutien à l’action du peuple Tchèque

Nous vous écrivons pour attirer votre attention sur une situation grave qui se développe actuellement au coeur de l’Europe : les Etats Unis d’Amérique sont sur le point d’occuper militairement la République Tchèque. Il ne s’agit pas d’une invasion ou d’une guerre, mais de l’installation de bases militaires dans le cadre du projet américain NMD – son système de missile – avec l’accord d’un gouvernement fantoche corrompu, très proche des intérêts économiques américains.

Plus de 70% de la population tchèque y est opposée, et beaucoup d’autres doutent, mais toute opposition est muselée. Via des agences soutenant les intérêts d’industries militairesgigantesques directement impliquées dans la construction du soi-disant “bouclier spatial”, legouvernement des Etats-Unis cherche à contrôler le gouvernement tchèque, ainsi que les moyens de communication et des secteurs de la vie économique et scientifique du pays. La grande campagne orchestrée pour discréditer tous les opposants à l’occupation militaire use de tout moyen sauf, à ce jour et heureusement, la violence physique. Des milliards de dollars sont en jeu !

La connivence entre les agences de lobbying et le parti ODS, majorité gouvernementale, sauteaux yeux en République Tchèque. Le gouvernement tchèque ne peut compter sur une majoritéque grâce à un Parti Vert, qui a miraculeusement atteint 6% aux dernières élections, avec sapolitique pro-américaine favorable au réarmement, très différente des politiques des autres partis verts dans le monde.

D’autre part, le Congrès américain n’a pas été correctement informé de ce qui se passeactuellement en République Tchèque. La majorité des membres du Congrès croient que cetaccord avec la République Tchèque s’installe harmonieusement, avec l’accord de la majorité dela population, avec seulement de petites manifestations menées par certains groupes extrémistes.

Le gouvernement des Etats-Unis ne peut contrôler la vie politique au coeur de l’Europe que grâce à l’acquiescement silencieux des gouvernements d’autres pays européens. Ce silence complice et honteux autorise des troupes étrangères à intervenir en Europe contre la volonté des citoyens et contribue à la destruction de la jeune démocratie tchèque. Les conséquences de cette attitude pourraient aller bien plus loin que ce qui est actuellement concevable.

Nous exprimons notre solidarité avec nos amis de la République Tchèque qui vont entamer une grève de la faim.

(ambassade tchèque) Ecoutez la voix de vos compatriotes et respectez leur volonté.

(gouvernement, Europe) Nous en appelons au gouvernement belge (au Parlement Européen)pour adopter une position claire contre cette ingérence politique et militaire et pour user de toute l’influence diplomatique nécessaire pour que cet accord entre les Etats Unis et la république Tchèque se négocie dans la transparence conformément aux principes de véritable démocratie.

(ambassade américaine) Nous demandons au gouvernement des Etats Unis de ne pas s’ingérer dans la vie politique d’un autre Etat et de laisser les Tchèques décider librement de leur propre avenir.

(organisations et partis) Nous vous demandons de soutenir avec force cette campagne, de faire tout ce qui est possible pour que notre gouvernement, ainsi que le Parlement européen, adoptent une position claire contre cette ingérence politiqueet militaire, et qu’ils usent de tous les moyens diplomatiques nécessaires afin que cet accord entre les Etats Unis et la RépubliqueTchèque se négocie dans la transparence conformément aux principes de véritable démocratie.

Nous vous demandons de soutenir et signer la pétition en ligne à www.nonviolence.cz, et d’exercer toute pression possible afin que soit ouvert dans notre pays un vrai débat sur cette question capitale.

(les médias) Nous vous demandons d’offrir une place à cette question importante et de nous aider à ouvrir dans notre pays un véritable débat citoyen etdémocratique.

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Lettre de nos amis Tchèques

Prague, le 7 mai 2008

Le leader du mouvement tchèque contre l’implantation de la base militaire américaine US, Jan Tamas commencera la grève de la faim ce mardi 13 mai. Il sera rejoint par Jan Bednar,activiste dans le mouvement.

"Nous avons essayé presque tout, mais notre gouvernement ne nous a pas écouté. Ils continuent à ignorer le fait que plus des deux tiers des Tchèques s’opposent à ce plan, dit Jan Tamas en référence aux sondages de mars 2008 indiquant que 67 % des Tchèques ne sont pas d’accord avec le déploiement américain prévu d’un site de radar de défense anti-missile en République tchèque."

Nous invitons nos amis de l’étranger à nous soutenir dans notre lutte car il ne s’agit pas seulement d’un problème local, mais c’est un problème régional. Actuellement des personnes dans 14 villes à travers l’Europe ont exprimé leur appui à la grève de la faim et rejoindront les deux Tchèques en entamant des grèves de la faim de solidarité dans leurs villes. Celles-ci incluent Paris, Turin, Athènes, Rome, Budapest et d’autres.

Jan Tamas et Jan Bednar se trouveront, pendant leur grève de la faim, en un lieu publiquement accessible à Prague, pour que les gens puissent venir les soutenir. Il y aura une conférence de presse en anglais pendant le premier jour de la grève de la faim (le 13 mai) à 12 heures (midi).

L’adresse est Bìlehradská - 12/98, Prague 2 (près des stations de Métro I.P.Pavlova ou Namesti Miru).

Des informations sur la grève de la faim seront publiées sur le site web www.nonviolence.cz

Des vidéos quotidiennes seront postées sur le site web depuis Prague et probablement d’autres villes européennes où les grèves de la faim de solidarité et d’autres activités auront lieu à partir de mardi.

Retrouvez cette lettre sur le site www.nonviolence.cz

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Message de soutien de Noam Chomsky à Jan Tamas et Jan Bedanr

« Je voudrais exprimer mon fort appui et ma grande admiration envers les deux courageux humanistes tchèques, Jan Tamas et Jan Bednar qui ont entamé une grève de la faim en signe de protestation contre les plans des Etats-Unis d'étendre le système de << missiles de défense >> en république Tchèque, par delà l'objection de la grande majorité de sa population.

Je mets les mots << missiles de défense >> entre guillemets car c'est un fait connu par les analystes de stratégies de tous bords que << missiles de défense >>, même avec toutes les précautions, ce sont des armes offensives. Comme le dit la principale agence d'investigation affiliée au Pentagone, la société Rand, ce << n'est pas simplement un bouclier mais une facilitation d'action pour les Etats-Unis >>.

Appuyant ce qui est de notoriété publique, l'éminent analyste des stratégies Lawrence Kaplan écrit que << la défense par missiles a à voir avec l'habileté des Etats-Unis à exercer leur pouvoir à l'étranger. Il n'est pas question de défense. Il est question d'offensive. C'est exactement pour ça que nous précisons >>.

C'est aussi quelque chose de connu des analystes des Etats-Unis que l'implantation du système en Europe de l'Est est potentiellement une sérieuse menace à la force de dissuasion russe, car la Russie réagira comme elle a déjà commencé à le faire en développant sa propre capacité d'offensive militaire. Ce développement parfaitement prédictible augmenterait significativement la menace d'une guerre nucléaire finale.

Pour toutes ces raisons, l'honorable et courageuse action de Jan Tamas et Jan Bednar pourra, j'espère en encourager d'autres à garantir qu'un référendum soit organisé et que ces évènements si menaçants prennent fin. »

Noam Chomsky

23/04/2008

LE SYSTEME ANTIMISSILE DES ETATS-UNIS : TOTALEMENT INUTILE ET TRES DANGEREUX !

 

1. Qu’est-ce qu’un système antimissile ?

protiletadlova_zakladna.jpgUn système antimissile a pour objectif de protéger un territoire ou des troupes opérant sur des théâtres extérieurs, en étant capable de stopper tout missile balistique (de courte, moyenne et longue portée) lancé par un adversaire. Nous détaillerons un peu plus tard le fait qu’un tel dispositif n’est pas uniquement défensif, mais s’inscrit comme une composante importante d’une stratégie offensive.

Un bouclier antimissile fait intervenir diverses fonctions :

- L’alerte, obtenue grâce à la combinaison de moyens spatiaux, aériens et terrestres, capable de détecter le tir d’un missile.

- La poursuite, consistant à prédire la trajectoire d’un missile lancé, y compris son point d’impact.

- L’interception et l’anéantissement d’un missile lancé, pouvant être effectuées par des missiles transportant des véhicules conventionnels ou même nucléaires.


2 Historique

En 1983, Ronald Reagan lance l’Initiative de Défense Stratégique (IDS). Il s'agissait d'un projet pharaonique de réseau de satellites destiné à détecter et détruire des missiles balistiques lancés contre les Etats-Unis. L’Union soviétique était bien entendu visée par ce projet.

Au tout début des années 1990, après l’éclatement de l’Union soviétique, l’administration Bush entame, puis celle de Bill Clinton entérine l’abandon de l’IDS et oriente ensuite ses efforts vers le développement de programmes d’un système antimissile centrés sur la protection des forces en opération extérieure (Theater Missile Defense). En janvier 1999, Bill Clinton finit néanmoins par réactiver le projet de défense du territoire américain, sous le nom de National Missile Defense.

En 2001, Georges Bush décide d’accélérer le programme de défense antimissile (avec tout de même des ambitions et des moyens réduits par rapport à l’IDS), rebaptisé « Ballistic Missile Defense System » (BMDS). Dans ce but, Washington se retire unilatéralement, en été 2002, du traité « Anti Ballistic Missiles » (ABM). Ce traité prohibait toute défense antimissile couvrant respectivement la totalité des territoires russe et américain.


3 Etat actuel du système antimissile des Etats-Unis et évolutions

protiletadlova_zakladna2.jpgLa configuration actuelle du système antimissile des Etats-Unis est dans un état embryonnaire. Elle est constituée aujourd’hui de 24 intercepteurs antimissile, implantés en Alaska et en Californie, et de divers capteurs (radars, satellites …installés aux Etats-Unis, au Groenland et en Grande-Bretagne).

Une extension du bouclier antimissile des Etats-Unis est prévue en Europe centrale : un radar de détection en République tchèque et un site de dix missiles intercepteurs en Pologne. Le dispositif déployé en Europe central devrait être complété par un autre radar. Il sera installé sur un site encore indéterminé mais de toute façon proche de l’Iran (la Turquie, le Caucase ou la région de la mer caspienne sont évoqués). Ces installations pourraient être opérationnelles en 2013.

Le système, une fois achevé (54 missiles intercepteurs : 44 aux Etats-Unis et 10 en Europe), devrait être capable de stopper tout missile balistique dirigé contre les Etats-Unis, leurs alliés ainsi que les troupes américaines déployées sur des théâtres extérieurs.


4 Les véritables motivations des Etats-Unis

L’administration américaine justifie officiellement son système de défense antimissile pour se protéger contre la menace de missiles iraniens de longue portée. Pourtant, aujourd’hui, l’Iran ne dispose d’aucune capacité concrète en termes de missiles intercontinentaux. Pour atteindre la côte Est des Etats-Unis, l’Iran devrait se doter d’engins balistiques d’une portée d’au moins 10000 kilomètres, ce qui demande non seulement beaucoup de temps mais également une assistance étrangère. Enfin, même si l’Iran venait à posséder une telle capacité, s’en prendre aux Etats-Unis ou à l’un de ses alliés de l’OTAN serait totalement suicidaire, compte tenu des capacités de rétorsion de la part des Etats-Unis qui conduiraient à rayer immédiatement l’Iran de la carte du monde.

En réalité, le bouclier antimissile n’est qu’une composante et le prolongementd’une stratégie offensive et agressive globale visant le maintien et l’accentuationde la domination desEtats-Unis sur le reste du monde , notamment vis-à-vis de la Russie, « héritier » du vieil ennemi soviétique, et de la Chine, la première puissance économique mondiale en devenir.

Le système antimissile est présenté par les Etats-Unis comme non agressif et purement défensif. En vérité, il constitue un atout primordial et un avantage considérable sur ses adversaires potentiels en cas de conflit, en particulier en cas de volonté d’engager les hostilités. En effet, après avoir lancé une première frappe sur l’adversaire, les Etats-Unis activeraient son bouclier antimissile de manière à stopper une éventuelle salve de rétorsion. Par conséquent, les Etats-Unis ne seraient donc pas limités dans ses attaques et ses intentions hégémoniques par le risque de représailles qu’ils subiraient. L’existence d’un tel système antimissile est donc en rupture totale avec « l’équilibre » des forces, qui permet de « limiter » l’arme nucléaire dans un rôle de dissuasion.

Par ailleurs, la Nuclear Posture Review, révision périodique de la stratégie nucléaire des Etats-Unis, de 2001 présente explicitement le bouclier antimissile comme un support essentiel de projets offensifs :

· Protéger les capacités de frappes offensives.

· Soutenir les forces américaines dans le cadre de la projection de puissance.

· Supporter une capacité de contre-attaque.

Le dispositif antimissile des Etats-Unis ne peut être compris que dans un contexte global, où sont précisées les autres décisions et actions de l’administration américaine dans le domaine militaire, notamment nucléaire.

Depuis quelques années, la doctrine nucléaire américaine a été modifiée fondamentalement. Elle vise désormais à développer des stratégies de plus en plus offensives et agressives, tournant le dos au concept de dissuasion, et à utiliser l’arme nucléaire directement sur des champs de bataille, y compris contre des Etats « non nucléaires ». Dès 1997, Les Etats-Unis ont élargi, par l’intermédiaire d’une directive signée par Bill Clinton, les options de l’utilisation des armes nucléaires contre des Etats dits « voyous ». La Nuclear Posture Review de 2001 désigne ouvertement la Corée du Nord, l’Irak, l’Iran, la Libye et la Syrie, voir la Russie et la Chine, comme des menaces, face auxquelles il sera éventuellement nécessaire d’avoir recours directement à l’arme nucléaire de manière préventive.

Cette stratégie opérationnelle a été accompagnée par la modernisation et le renouvellement de l’arsenal nucléaire américain, totalement adapté à des missions offensives (précision accrue, charges nucléaires réduites, mélange de charges conventionnelles et nucléaires, portées augmentées par des missiles basés à terre ou sur sous-marins).

A la lumière de ces éléments, il apparaît clairement que le bouclier antimissile n’est qu’une composante d’un dispositif offensif intégré, au service de la suprématie des Etats-Unis sur le reste du monde.


5 Les conséquences

protiletadlova_zakladna3.jpgLe développement d’un système antimissile par les Etats-Unis aura et a d’ores et déjà des conséquences dramatiques. En incitant de nombreux Etats à s’armer davantage dans une course à l’armement, notamment balistique et nucléaire, sans fin, il réduira à néant tous les efforts engagés en matière de désarmement.

Ayant conscience de l’avantage indéniable pris par les Etats-Unis avec son bouclier antimissile, la Russie n’a pas tardé à réagir. Elle a tout d’abord bloqué tout progrès par rapport au Traité sur les forces conventionnels en Europe de 1990. Surtout, elle a laissé planer une éventuelle dénonciation du traité américano-soviétique INF de 1987 sur les missiles nucléaires de portée intermédiaire, provoquant de graves inquiétudes.

Concernant la course aux armements, des Etats vont se doter d’un maximum de missiles nucléaires continentaux afin de pouvoir « saturer » ou « contourner » le bouclier antimissile américain. La modernisation en cours des missiles balistiques intercontinentaux par la Russie est justement poursuivie avec comme objectif, ouvertement affiché, l’affolement du système antimissile américain. Par ailleurs, la Russie vise le doublement de ses dépenses militaires pour les huit années à venir.

Sans le faire de manière aussi théâtrale que la Russie, la Chine a lancé depuis quelques années un programme de modernisation de sa force nucléaire et de sa marine militaire.

La course aux armements va s’accélérer très rapidement sous l’effet d’un processus d’actions - réactions successives. Par exemple, la Russie devrait modifier le missile de courte portée, l’Iskander, de manière à cibler les sites, en République tchèque et en Pologne, devant accueillir le système antimissile américain (sa portée devrait passer de 280 à 500 Km). En réaction, le gouvernement polonais a revendiqué la mise à disposition du système Patriot, conçu pour stopper des vecteurs de courte portée. Il convient également de souligner que le bouclier antimissile américain est évolutif et multi – étages, ce qui signifie que le nombre de missiles intercepteurs pourra être augmenté ultérieurement sans aucune difficulté.

Monde Sans Guerres France, avril 2008.